Ronde de négociations à Bruxelles, à une semaine du sommet — Brexit

Ronde de négociations à Bruxelles, à une semaine du sommet — Brexit

Michel Barnier, négociateur européen pour le Brexit: "Nous avons eu une réunion constructive avec Steve Barclay et l'équipe britannique, je vais maintenant en faire le compte-rendu aux 27 ambassadeurs et au groupe directeur du Brexit du Parlement".

"Il y a eu des idées échangées entre Barnier et Barclay et c'est pourquoi il a été décidé d'intensifier les discussions, mais il y a encore beaucoup de questions en suspens", a commenté vendredi un diplomate européen.

Boris Johnson et Leo Varadkar se sont retrouvés au manoir de Thornton, dans le nord-ouest de l'Angleterre, une sorte de rencontre de la dernière chance avant le sommet européen de la semaine prochaine et l'échéance de ce week-end fixée par les Européens pour une avancée significative.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson et son homologue irlandais Leo Varadkar ont ravivé jeudi l'espoir d'un accord sur le Brexit d'ici à sa date prévue le 31 octobre, assurant entrevoir "un chemin" vers un compromis sur la question clé de la frontière irlandaise. "A ce rythme-là, on voit mal comment on pourrait être prêt pour le Conseil" européen des 17 et 18 octobre, a dit une autre source.

Quelques heures plus tôt, une source au 10 Downing Street avait indiqué à un journaliste du magazine Spectator que le gouvernement britannique adopterait une attitude agressive à l'égard de l'Union européenne si les négociations autour du Brexit n'aboutissaient pas.

Une semaine avant un sommet crucial sur le Brexit, les 27 membres de l'Union européenne ont donné leur feu vert pour lancer des négociations "intenses" sur le Brexit avec les Britanniques.

"Barnier doit dire si on peut entrer ou non en négociations sur un texte", explique une source européenne.


Outre l'absence de progrès, la semaine écoulée a été marquée par de fortes turbulences entre Londres et Bruxelles, qui se sont rejetés mutuellement la responsabilité du blocage et de ses conséquences économiques potentiellement désastreuses.

L'enjeu de la question irlandaise est d'éviter le rétablissement d'une frontière physique entre les deux Irlandes et de préserver la paix sur l'île, qui a connu plusieurs décennies de violences. Londres exige la suppression du filet de sécurité ("backstop") prévu dans le traité de retrait, estimant qu'il porte atteinte à son indépendance commerciale.

Faute d'accord le 19 octobre, une loi adoptée par le Parlement britannique impose au Premier ministre de demander un report de trois mois, bien que Boris Johnson ait promis un Brexit "coûte que coûte" le 31 octobre.

Le projet du Premier ministre, présenté mercredi, vise à mettre fin au casse-tête de la frontière irlandaise, en évitant le retour de contrôles après le Brexit entre la république d'Irlande, membre de l'UE, et la province britannique d'Irlande du Nord, qui quittera l'UE comme le reste du Royaume-Uni. L'UE refuse le droit de veto que Londres souhaite accorder à l'assemblée et à l'exécutif nord-irlandais, et rejette les propositions du plan pour les contrôles douaniers entre les deux Irlande.

"Nombreux sont ceux à Paris et Berlin qui souhaiteraient discuter de notre offre", a-t-il ajouté, mais Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron "ne pousseront pas (Michel) Barnier à le faire à moins que l'Irlande annonce qu'elle veut négocier".

Face aux désaccords persistants pour aboutir à un divorce à l'amiable, un "no deal" fin octobre ou un troisième report semblent être les seules options sur la table du sommet.

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