Cinq morts dans les manifestations, au moins 122 blessés — Equateur

Cinq morts dans les manifestations, au moins 122 blessés — Equateur

"Le dialogue qu'il promeut manque de crédibilité", a affirmé la Confédération des nationalités indigènes de l'Equateur (Conaie) dans un communiqué, ajoutant qu'elle n'y participerait qu'une fois "abrogé" le décret supprimant les subventions au carburant.

Huit policiers étaient retenus jeudi par les indigènes équatoriens venus manifester à Quito.

Mais il est revenu brièvement mercredi dans la capitale, au moment où des dizaines de milliers d'indigènes traversaient la ville, une manifestation relativement calme, marquée uniquement par quelques heurts entre certains jeunes et les forces de l'ordre.

En dix jours, les affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ont fait cinq morts, dont un dirigeant indigène, et plus de 2.000 blessés, selon le bureau du Défenseur du peuple, entité publique de défense des droits. Ce dernier a dénombré 554 blessés et fait état de 929 arrestations. "Les quatre autres sont décédées à Quito", a précisé une source de cette institution, sans indiquer les circonstances des quatre nouveaux décès.

Le gouvernement n'a pour l'heure pas réagi à ce regain de violence.

Confronté à la pire crise de son mandat, avec de violents heurts à Quito, le a déplacé lundi le siège du gouvernement à Guayaquil (sud-ouest).

- "Déstabilisation" - Lenin Moreno a accusé son prédécesseur Rafael Correa (2007-2017), ex-allié devenu son adversaire politique, d'avoir "activé" un "plan de déstabilisation" avec l'aide du président vénézuélien Nicolas Maduro.

Ces deux derniers ont nié. Pour le chef de l'État vénézuélien, les manifestations en Équateur sont une nouvelle " insurrection populaire " contre le FMI.

Début octobre, le gouvernement a adopté une réforme mettant fin aux subventions sur le carburant, qui a fait bondir les prix à la pompe de plus de 100 %.


Les incidents ont mis sous pression le gouvernement du président Lenin Moreno, un libéral de 66 ans arrivé au pouvoir sous la bannière socialiste. Sa mesure, si impopulaire soit-elle, s'inscrit dans un accord conclu avec le FMI en échange d'un prêt de 4,2 milliards de dollars censé relancer l'économie. Il a ordonné un couvre-feu nocturne autour des lieux de pouvoir pendant 60 jours ainsi que l'état d'urgence pendant la même durée.

Au total, 74 000 militaires et policiers ont été déployés.

Les indigènes sont à la pointe de la contestation parce qu'ils vivent en majorité à la campagne et qu'ils sont les plus touchés par la pauvreté. Si les prix des carburants s'envolent, ils devront payer davantage pour le transport de leurs produits, tout en redoutant que l'inflation s'emballe.

Le pays andin est secoué depuis début octobre par un mouvement social inédit depuis 2007, marqué par des blocages de routes et de puits pétroliers en Amazonie, des manifestations et des grèves.

L'occupation de plusieurs champs pétroliers a conduit les autorités à suspendre mercredi les opérations de son principal oléoduc, le Trans-Equatorian Oil Pipeline System (SOTE), paralysant le transport de 68 % de sa production (531.000 barils par jour).

Malgré tout, Lenin Moreno, qui se revendique toujours comme socialiste, a reçu dans ce conflit le soutien inattendu de la droite et de l'armée.

Par ailleurs, les président péruvien et chilien, Martin Vizcarra et Sebastian Piñera, ont apporté leur soutien à Lenin Moreno.

De son côté, le secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres a fait part de son "inquiétude" concernant la situation en Equateur.

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