Tuerie à la préfecture de police : une attaque terroriste ?

Tuerie à la préfecture de police : une attaque terroriste ?

Lors d'un point-presse, vendredi en début d'après-midi, le préfet de police, Didier Lallement, a annoncé n'exclure "aucune hypothèse".

L'enquête, diligentée jusqu'alors par le parquet de Paris, a été reprise sous les qualifications d'"assassinat et tentative d'assassinat sur personne dépositaire de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste", ainsi que pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle", a indiqué le Pnat vendredi.

Selon des sources proches, l'étude de la téléphonie a mis les enquêteurs sur la piste de la préparation d'un acte violent par cet homme employé dans un service, qui avait notamment pour mission le recueil d'information sur la radicalisation jihadiste.

Les motivations qui ont poussé Mickaël H. un informaticien de la Direction du renseignement de la préfecture de police à tuer quatre personnes avec un couteau sont encore inconnues.

Placée en garde à vue jeudi après le drame, sa femme a été entendue par les enquêteurs de la Brigade criminelle. Il aurait affirmé avoir des visions et entendre des voix. Elle lui a répondu: "Seul Dieu te jugera". La chaîne d'actualité précise que la femme est malentendante, comme son mari et que se faisant "aider d'un interprète en langue des signes" devant les enquêteurs, son audition était "compliquée".

L'épouse du suspect a également indiqué aux enquêteurs que son mari avait le sentiment de ne pas être reconnu par sa hiérarchie à sa juste valeur et n'avait pas eu, selon lui, la progression qu'il méritait.


Les perquisitions menées jeudi au domicile du couple n'ont en revanche pas révélé d'éléments accréditant l'hypothèse d'une radicalisation violente.

Le préfet de police de Paris est aussi revenu sur les conditions de sécurité à l'intérieur du centre névralgique de la police parisienne. Jeudi, peu après les faits, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, affirmait que l'adjoint administratif n'avait "jamais présenté de difficulté comportementale ", ni "le moindre signe d'alerte ".

L'assaillant a été abattu dans la cour de la préfecture.

L'auteur de l'agression meurtrière, nommé Mickaël Harpon, tué lui aussi à l'issue de ses actes, était un agent administratif de la direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP) et était sourd et muet. Engagée dans la police en 2002, Aurélia T. était membre du soutien opérationnel à la direction de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne (DSPAP). Anthony L. était gardien de la paix et avait plus de 15 ans de carrière dans son service.

Une employée des ressources humaines est toujours hospitalisée mais son pronostic vital n'est plus engagé. Mickaël Harpon, en charge de la maintenance des ordinateurs du millier de fonctionnaires du renseignement parisien, avait accès à des informations ultrasensibles, entre autres celles en lien avec l'islam radical.

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