La tuerie de la préfecture de Paris traitée comme un acte terroriste

La tuerie de la préfecture de Paris traitée comme un acte terroriste

Quelles sont les raisons qui ont poussé Mickaël H. "Ce n'est pas une question de jeunesse, on voit que le courage et la détermination sont dans l'ensemble des classes d'âge", a déclaré ce vendredi après midi le préfet de police de Paris Didier Lallement.

Il s'agit désormais d'une enquête pour " assassinat sur personne dépositaire de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste " et " association de malfaiteurs terroriste criminelle " notamment, précise le PNAT dans un message transmis à Reuters. Voici ce que l'on sait des investigations confiées à la brigade criminelle, la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) et la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) en co-saisine.

L'épouse de l'assaillant, dont la garde à vue a été prolongée vendredi, a évoqué devant les enquêteurs le "comportement inhabituel et agité " de son mari, Michaël H., la veille de son passage à l'acte, selon une source proche du dossier.

Il a tué à coups de couteau quatre fonctionnaires avant d'être abattu, une attaque inédite qui a frappé le cœur d'une institution policière en crise. Cependant, la femme n'a pas précisé les mots prononcés. L'assaillant a mortellement blessé Damien E., un major âgé de 50 ans, en poste à la Direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP) de Paris, et Brice L., un gardien de la paix âgé de 38 ans.

L'assaillant a été abattu dans la cour de la préfecture. D'après Le Parisien et franceinfo, les investigations ont aussi révélé qu'il avait adressé à sa femme un SMS évoquant un achat de couteau le matin même de l'attaque. Elle aurait répondu en substance: " Seul Dieu te jugera ".


Les enquêteurs ont poursuivi vendredi leur analyse du téléphone portable de l'auteur de l'attaque.

Proche de la mouvance salafiste?

Parmi les différents éléments recueillis depuis jeudi par les enquêteurs accréditant l'hypothèse d'une radicalisation de Mickaël H. figurent un procès verbal d'un fonctionnaire de la PP rapportant des "propos ambigus" tenus après l'attentat contre Charlie Hebdo, selon une source proche du dossier.

"Cette tragédie est d'autant plus terrible (.) qu'elle a été portée par l'un d'entre nous", a souligné le préfet Lallement, qui a tenté de prévenir toute polémique sur les procédures de contrôle à la préfecture de police. Une affirmation qui contredit des informations de source policière émanant de la DRPP, où travaillait justement Mickaël Harpon, et qui affirmaient que l'assaillant devait rencontrer sa chef de service qui s'inquiétait d'un changement dans son attitude, notamment parce qu'il refusait de saluer ses collègues féminines. A ce stade, les enquêteurs n'ont pas trouvé trace d'un signalement fait à la hiérarchie. La piste de la radicalisation est privilégiée, depuis vendredi, dans l'enquête sur la tuerie à la préfecture de police de Paris. Son entourage professionnel assure pour le moment qu'aucun signe ne montrait qu'il était radicalisé.

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