Immigration : quand la majorité cherche à déminer un débat à haut risque

Immigration : quand la majorité cherche à déminer un débat à haut risque

Souhaitant plus de fermeté sur le dossier migratoire, il a mis en garde sa majorité contre tout excès de "laxisme".

Durcissant le ton sur l'immigration à 15 jours d'un débat parlementaire sur l'immigration prévu les 30 septembre et 2 octobre, il a souligné que " les flux d'entrée n'ont jamais été aussi bas en Europe et les demandes d'asile jamais aussi hautes en France ".

Lundi 16 septembre, Emmanuel Macron a expliqué devant quelque deux cents membres de sa majorité qu'il fallait prendre le sujet de l'immigration à bras-le-corps car ce sont les classes populaires qui y sont confronté et se tournent vers l'extrême droite. "Si nous ne le regardons pas en face, nous le subirons", a-t-il averti, assurant que les services concernés se devaient d'être "plus efficaces et plus humains". Il a demandé à son camp de " savoir si nous voulons être un parti bourgeois ou pas ".


Quant à Aurélien Taché, autre figure à gauche, il a choisi le coup d'éclat en conviant lundi à l'Assemblée Carola Rackete, capitaine du Sea Watch 3, poursuivie en Italie pour avoir voulu faire débarquer de force des migrants. Selon un sondage Ipsos-Sopra Steria publié lundi, l'immigration est en effet le thème prioritaire pour 56 % des sympathisants du parti Les Républicains. Les bourgeois n'ont pas de problèmes avec [l'immigration]: ils ne la croisent pas. "Il faut confirmer cette opposition, car ce sont les Français qui l'ont choisie. Et ce qu'ils vivent c'est un malaise identitaire historique lié à l'immigration délirante", a-t-il écrit dans un tweet, estimant que "Macron prépar [ait] 2022". "Il semble faire, mais en réalité il fait semblant", a-t-il ajouté à l'antenne de France Inter.

Lors de la campagne de 2017, Emmanuel Macron avait déjà affirmé à l'AFP vouloir s'attaquer à " l'insécurité culturelle " ressentie selon lui par les classes moyennes " tentées " par l'extrême droite.

"À reprendre les angles du RN, le Président Macron qui se posait un rempart est devenu une passerelle", a abondé Olivier Faure, premier secrétaire du PS. "J'ai mal à mon pays!" Aux États-Unis, Sean Spicer, l'ancien porte-parole de la Maison Blanche franchit le pas (de danse) et attire l'attention. "Il est regrettable que le président de la République et sa majorité utilisent, comme d'autres, l'immigration comme drapeau pour faire peur à la population", a réagi Eliane Assassi, chef de file du groupe Communiste Républicain Citoyen et Ecologiste au Sénat, sur Public Sénat. Un an et demi après le vote de la loi asile et immigration de Gérard Collomb qui avait divisé pour la première fois les élus LREM (1 vote contre et 14 abstentions), l'heure est à la prudence dans les rangs, où le sujet est potentiellement explosif.

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