Une enveloppe de 750 millions d'euros pour les hôpitaux — Urgences

Une enveloppe de 750 millions d'euros pour les hôpitaux — Urgences

Après deux séries d'annonces, mi-juin puis début septembre, Mme Buzyn présentera lundi après-midi son "plan d'actions " pour la "refondation des urgences", inspiré des propositions du député (LREM) de Charente, Thomas Mesnier, et du chef du Samu de Paris, Pierre Carli. Création d'un "service d'accès aux soins", 50 nouvelles maisons médicales de garde, réforme du financement des urgences. quelques nouveautés figuraient parmi la douzaine de mesures dévoilées lundi par la ministre. Pour le collectif Inter-urgences, mais aussi les fédérations d'hôpitaux, le redéploiement de 750 millions d'euros pour désengorger les urgences ne pèse guère en regard des 70 milliards annuels consacrés à des hôpitaux frappés par des déficits chroniques de lits et de postes.

Mais cette somme ne s'ajoutera pas au budget déjà prévu pour les dépenses de santé, elle sera puisée dans des crédits déjà existants.

La ministre a promis dimanche "un budget dédié pour régler la crise" en cours dans la moitié des services d'urgences publics.

La primeur de ce plan sera réservée aux représentants des personnels et dirigeants hospitaliers, que Mme Buzyn recevra à 15H00, ainsi que les syndicats de médecins libéraux et le collectif Inter-Urgences, à l'origine de ce mouvement social inédit.

Soutenus par une intersyndicale CGT-FO-Sud, les grévistes en demandent plus: plus de postes et plus de lits, aux urgences et plus largement dans tout le secteur hospitalier. "Avant d'ouvrir des lits je souhaite qu'on optimise (leur) gestion" au sein des groupements hospitaliers de territoire, a expliqué la ministre, qui n'exclut pas d'y revenir dans un deuxième temps si les solutions proposées s'avèrent "insuffisantes". "Dans l'immédiat, elle préfère miser sur la mise en place, d'ici "à l'été 2020", d'un service d'accès aux soins" (SAS).


En ligne ou par téléphone, 24 heures sur 24, ce service orientera les patients vers une consultation en ville ou une téléconsultation ou vers les urgences, éventuellement via l'envoi d'une ambulance. Pas si simple à mettre en place, parce que les pompiers veulent un numéro commun avec la police, et que les médecins libéraux veulent pousser le 116 117, leur numéro. Pour preuve, la prime mensuelle de 100 € nets versée depuis juillet et les 15 M€ débloqués pour recruter des renforts.

Un traitement censé limiter la saturation de services dont la fréquentation a plus que doublé en 20 ans, atteignant 21,4 millions de passages en 2017.

"On réfléchit à de nouveaux arrêts maladie groupés ", indique en outre Hugo Huon du collectif inter-urgences, tout en reconnaissant que "certains ont peur " quant "d'autres trouvent que ce n'est pas éthique ". La ministre "se refuse complètement à revaloriser les métiers soignants, il y a un tel déni des professions paramédicales, c'est assez fou", a-t-il déclaré à l'AFP.

Les urgences de Château-Gontier-sur-Mayenne sont en grève depuis le 23 mai.

L'événement a reçu le soutien de plusieurs syndicats et associations de médecins hospitaliers, invitant les praticiens "à rejoindre la mobilisation" pour "mettre fin aux restrictions budgétaires pour l'hôpital public".

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