Le tombeur de Carlos Ghosn contraint à la démission — Nissan

Le tombeur de Carlos Ghosn contraint à la démission — Nissan

Selon plusieurs médias japonais, le patron de Nissan, Hiroto Saikawa, est sur le point de quitter ses fonctions.

L'actuel directeur opérationnel du groupe, Yasuhiro Yamauchi, assurera l'intérim dans l'immédiat et le comité des nominations au sein du conseil d'administration a l'intention de choisir un successeur à M. Saikawa " d'ici fin octobre ", a ajouté M. Kimura lors d'une conférence de presse au siège de Nissan à Yokohama, près de Tokyo.

Les appels en faveur de la démission de M. Saikawa, qui est survenue après l'arrestation l'année dernière de son prédécesseur, Carlos Ghosn, à la suite de diverses accusations d'inconduite financière, se sont amplifiés après que M. Saikawa a reconnu la semaine dernière qu'il avait reçu des paiements douteux. Le comité d'audit de Nissan a révélé les conclusions d'une enquête interne le 4 septembre, évoquant 47 millions de yens (près de 400 000 euros) touchés en excès en 2013.

Rattrapé par un scandale de prime indûment perçue, le directeur général exécutif de Nissan, Hiroto Saikawa, va démissionner le 16 septembre.

Son bref mandat a cependant été marqué par des tensions avec Renault, principal actionnaire et partenaire d'alliance de Nissan, et par une chute des bénéfices du constructeur japonais.

Depuis des mois déjà, ce dirigeant à l'air impassible, aux cheveux ras et aux fines lunettes, était sur la sellette.

Le journal Les Échos rapporte toutefois que les relations entre Renault et Nissan "ont semblé se réchauffer au cours d'un été plutôt studieux", marqué par des discussions au cours desquelles "même les dossiers les plus sensibles ont été mis sur la table".


" Je ressens une profonde déception, de la frustration, du désespoir même". Trahie était, selon lui, sa confiance placée dans son ancien mentor, désormais assigné à résidence à Tokyo dans l'attente de son procès prévu l'an prochain.

Depuis l'affaire Ghosn, Nissan a vu ses profits fondre comme neige au soleil.

" Vient un temps où il faut passer le relais à quelqu'un d'autre". Il a néanmoins persisté à vouloir distinguer son cas des "véritables mauvaises pratiques intentionnelles qui ont émergé depuis novembre, décembre dernier", dans une allusion à Carlos Ghosn.

Le conseil a précisé qu'une dizaine de candidats étaient envisagés pour remplacer M. Saikawa. Pour faire face aux mauvais résultats financiers, Nissan se dit même prêt à fermer des lignes d'assemblage et des usines.

Certains avaient déjà critiqué le silence de M. Saikawa quand il était sous les ordres de Ghosn sur les agissements de ce dernier. Et au-delà de belles paroles, il n'a pas davantage su établir une relation de confiance avec la nouvelle direction de Renault.

M. Kimura a déclaré que le revenu que M. Saikawa a reçu a été confirmé comme étant " non illégal ".

"L'alliance avec Renault est un grand défi pour nous" a estimé lundi M. Saikawa, se disant désireux que son successeur veille à maintenir "la spécificité de Nissan" dans ce partenariat.

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