Macron "plus prudent" pour ne pas réveiller les "gilets jaunes" — Retraites

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Au sortir mardi d'une entrevue avce le Premier ministre Edouard Philippe sur le "pacte du pouvoir de vivre" qu'il a lancé avec plusieurs associations, Laurent Berger a salué le fait que le président reconnaisse que la fixation d'un âge pivot à 64 ans "était une erreur".

Mais l'Exécutif a aussi en tête le " besoin de financement " du système de retraites, estimé à dix milliards d'euros d'ici à 2022, alors que la réforme doit entrer en vigueur en 2025. "Cela revient à instaurer un âge d'équilibre individuel, dépendant de celui auquel on a commencé à travailler", explique le patron de FO. Craignant un retour des "gilets jaunes", Emmanuel Macron a décidé de temporiser, même s'il semble résolu à aller jusqu'au bout. C'était pourtant une préconisation du haut-commissaire Jean-Paul Delevoye, présentée à la mi-juillet.


Emmanuel Macron a indiqué sa préférence pour un calcul des droits à la retraite lié à la durée de cotisation plutôt qu'à l'âge de départ. "[.] Alors qu'on dit aux Français que la clé de la lutte contre le chômage, c'est de se former, c'est là que c'est contradictoire!" "C'est l'expression, la position du président de la République, de la justice". D'où la prudence sur une réforme par définition très anxiogène. Après avoir vanté une nouvelle méthode sur la forme, le président entend montrer que, sur certains aspects du fond du dossier, la porte des négociations reste ouverte. Un changement de pied important que le ministre de l'Economie ne voit pas comme "un virage sur l'aile".

La CFDT, sans l'appui de laquelle la réforme ne peut pas passer sans heurts (FO et la CGT s'y opposent dans sa globalité), est donc en passe d'obtenir gain de cause sur ce qui constitue sa principale ligne rouge mais refuse de crier victoire avant l'heure. Les partenaires sociaux seront reçus à Matignon les 5 et 6 septembre. Selon lui, c'est "un message qui est contradictoire" quand, par ailleurs, "on dit aux Français que la clé contre le chômage, c'est la qualification". Jouer sur le levier de la durée de cotisation ou sur l'âge de départ: " Il faut faire les deux", a-t-il dit sur France Inter. Il y préconise l'instauration d'un "système universel" par points remplaçant les 42 régimes actuels et un âge de 64 ans pour une retraite à taux plein.

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