"Hong Kong: "Pour Trump, un " autre Tiananmen " nuirait à un accord commercial

"Je pense qu'il serait très difficile de conclure un accord s'ils exercent de la violence, (.) si c'est une autre place Tiananmen", a déclaré M. Trump à des journalistes dans le New Jersey (nord-est des Etats-Unis) alors que des centaines de milliers de manifestants pro-démocratie ont à nouveau défilé dimanche à Hong Kong.

La foule a ensuite commencé à se disperser dans toutes les avenues du centre de Hong Kong, provoquant ainsi une nouvelle marche (officiellement interdite) sous une pluie diluvienne. Twitter et Facebook ont annoncé lundi avoir démantelé une campagne sur les réseaux sociaux dirigée depuis Pékin visant à discréditer et diviser le mouvement de protestation à Hong Kong.

Dans un communiqué en réaction à cette sortie, l'ambassade de la Chine à Ottawa écrit: "Au mépris de la position [.] de la Chine, la ministre canadienne des Affaires étrangères [.] s'est mêlée des affaires intérieures de Hong Kong et de la Chine". De Tian Hau à Central en passant par Causeway Bay ou Wanchaï, les marcheurs se sont emparés de toutes les grandes artères de la ville.

Une foule compacte s'est massée dimanche 18 août dans un grand parc au cœur de Hongkong afin de réaffirmer son soutien à la mobilisation pro-démocratique sans précédent dans l'ex-colonie britannique, en dépit des violences et des menaces d'intervention de Pékin.


Ses organisateurs ont avancé le chiffre de 400 000 manifestants, bien que l'espace de Tamar en bord de mer où s'est déroulé le rassemblement ne puisse en contenir que 120 000. Ces interdiction ont été ignoré ces dernières semaines, donnant lieu à des heurts avec les forces de l'ordre. Avec des actions quasi-quotidiennes, les manifestants hongkongais portent cinq revendications: le retrait du projet de loi permettant les extraditions vers la Chine continentale (à ce jour il n'est que suspendu), le retrait de la qualification "d'émeutes" pour les manifestations avec la création d'une commission d'enquête indépendante sur les violences policières, la libération sans poursuites des manifestants arrêtés, la mise en place du suffrage universel et la démission de Carrie Lam, cheffe de l'exécutif hongkongais. Aucune de ces demandes n'a été satisfaite jusqu'à présent par un gouvernement local totalement décrédibilisé aux yeux des contestataires.

Pour de nombreux Hongkongais, Pékin a resserré son emprise sur le territoire et remet en cause ce principe. Et cette semaine a été marquée par une mobilisation hors norme à l'aéroport qui a cependant dégénéré.

La Chine et le Canada, qui compte 300.000 ressortissants à Hong Kong, ont des relations tendues depuis neuf mois. Les médias chinois ont également diffusé des images de soldats chinois et de transports de troupes blindés massés de l'autre côté de la frontière, à Shenzhen.

Mais même si le régime communiste décidait d'envoyer l'armée contre les manifestants, "l'incident à Hong Kong ne sera pas une répétition de l'incident politique du 4 juin en 1989", a assuré le quotidien. Appelant à la paix et à la non-violence, les manifestants chinois ont scandé des slogans tels que "Nous aimons Hong Kong, nous aimons la Chine ".

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