Gibraltar autorise le pétrolier iranien à partir

Gibraltar autorise le pétrolier iranien à partir

Plus tôt dans la journée, le ministère américain de la Justice avait demandé à saisir le pétrolier iranien Grace 1.

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Abbas Moussavi, a affirmé vendredi que son pays n'avait donné à Gibraltar "aucune garantie concernant le fait que le Grace 1 n'irait pas en Syrie". Les États-Unis ont demandé, jeudi 15 août, aux autorités de Gibraltar de prolonger l'immobilisation du pétrolier iranien qu'elles retiennent depuis un mois, alors que le territoire britannique s'apprêtait à laisser repartir le navire.

Washington avait déposé dans la nuit de mercredi à jeudi une demande d'entraide judiciaire pour que le navire soit saisi, a expliqué jeudi matin l'avocat du ministère public Joseph Triay devant la Cour suprême de Gibraltar.

Le chef de l'exécutif de Gibraltar, Fabian Picardo, a dit jeudi avoir décidé de lever l'ordre d'immobilisation du Grace 1 après avoir reçu l'assurance écrite de la part de Téhéran que le navire ne violerait pas les sanctions imposées à la Syrie par l'Union européenne. Peu avant l'annonce de la libération du Grace 1, les États-Unis ont demandé de prolonger l'immobilisation du pétrolier.

Toutefois, rien n'empêche les États-Unis de reformuler leur demande d'entraide judiciaire, afin de bloquer le navire avant qu'il ne quitte les eaux territoriales de Gibraltar, dans les heures ou les jours qui viennent. Le journal Gibraltar Chronicle, qui a été le premier à annoncer la nouvelle, a déclaré que le juge en chef de la cour, Anthony Dudley, avait clairement indiqué que, sans la décision des États-Unis, " le navire aurait pris la mer ".

Arraisonnement du pétrolier au large de GibraltarLe 4 juillet, le navire Grace 1 a été saisi par la Grande-Bretagne.


En réaction, le 14 juillet, l'Iran interceptait un pétrolier battant pavillon panaméen, et saisissait le Stena-Impero le 19 juillet, pétrolier suédois battant pavillon britannique.

Selon lui, les Britanniques s'étaient montrés désireux de résoudre le problème et des documents avaient été échangés.

"Si le Grace 1 est libéré, et ce serait probablement le cas si l'Iran s'engageait en coulisses à ne pas exporter ce pétrole vers la Syrie, alors il est probable que le Stena Impero sera lui aussi libéré", avait elle déclaré à l'AFP avant l'audience de jeudi.

Dans un communiqué, le département d'Etat américain a déclaré que les Etats-Unis avaient déterminé que le pétrolier iranien venait en aide aux Gardiens de la Révolution islamique, le corps d'élite de l'armée iranienne que Washington a désigné comme organisation terroriste.

La porte-parole a ajouté que les États-Unis continueront d'utiliser tous les outils à leur disposition pour priver l'Iran et ses proxies des ressources nécessaires pour se lancer dans des activités néfastes et déstabilisatrices en Syrie et ailleurs, précisant que cela inclut l'application intégrale des sanctions américaines à l'égard de l'Iran et du GRI.

L'immobilisation du pétrolier et le regain de tensions diplomatiques qui en ont découlé ont brouillé les efforts des États européens qui tentent de sauver l'accord nucléaire avec l'Iran.

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