L'écart entre les hommes et les femmes se réduit — Cancers

L'écart entre les hommes et les femmes se réduit — Cancers

Ainsi, "l'incidence (= la survenue) et la mortalité du cancer du poumon enregistre la plus forte progression chez la femme ".

Avec plus de 58 400 nouveaux cas en 2018, ce cancer est, de loin, le plus fréquent chez la femme. Ce travail détaillé associe l'Institut national du cancer (INCa), le réseau Francim des registres des cancers, les hospices civils de Lyon et Santé publique France. Touchant auparavant beaucoup plus les hommes que les femmes, les chercheurs ont trouvé que l'écart avait tendance à se réduire depuis quelques années. L'augmentation dramatique des cas de cancer du poumon en est la preuve.

Reste que "la mortalité tous cancers confondus baisse", mais "de manière plus prononcée chez l'homme (-1,8 % par an) que chez la femme (-0,8 % par an)" selon les chiffres analysés par Santé publique France de 1990 à 2018. De même l'incidence du cancer de l'anus, imputable en majorité au HPV, est en augmentation chez les femmes de 50 et 60 ans. Même chose s'agissant du cancer du col de l'utérus (-2,1%/an). C'est l'évolution "la plus préoccupante", compte tenu du "pronostic sombre" de ce cancer. Alors que l'incidence générale de ce cancer est plutôt stable chez l'homme, celle des adénocarcinomes progresse (+3,9 % par an), tandis que celles des carcinomes épidermoïdes et des cancers à petites cellules diminuent (-2,9 % et -0,9 % par an).


Chez l'homme, et bien qu'il représente la première cause de décès par cancer, la mortalité n'a cessé de diminuer (-1,2% par an en moyenne) entre 1990 et 2018, en particulier chez les hommes de moins de quarante ans. Si l'incidence est stable chez l'homme, elle s'accroît donc chez la femme (+1,1 % par an). Quand le mélanome cutané est le cancer dont l'incidence augmente le plus parmi les tumeurs solides chez l'homme. L'augmentation des nouveaux cas (+4,4 % par an chez l'homme et chez la femme) " est majoritairement expliquée par l'évolution des pratiques médicales et l'amélioration des techniques diagnostiques " avancent les experts. En regard, la mortalité par cancer du poumon (10.356 décès en 2018 pour plus de 15.000 cas diagnostiqués) montre son "impact" chez les femmes, remarque Gautier Defossez (réseau Francim), coordonnateur de la partie portant sur les cancers solides interrogé par l'AFP.

Du côté des hommes, enfin, les constats faits par ce rapport sont plus "positifs": certains cancers très fortement liés à l'alcool et au tabac (lèvre-bouche-pharynx, larynx, oesophage) présentent chez les hommes des fortes variations à la baisse, à la fois en terme de nombre de nouveaux cas et de mortalité. Commun aux deux sexes, le cancer colorectal est mieux soigné, tue moins également.

C'est ainsi qu'en Nouvelle-Aquitaine, on apprend qu'il y a eu sur cette période 36 939 nouveaux cas de cancer estimés par an (dont 56% survenant chez l'homme). Chez l'homme ce sont principalement des cas de cancer de la prostate, du poumon et du côlon-rectum. Et si l'on commence par les bonnes nouvelles, l'agence relève que "des diagnostics plus précoces et des avancées thérapeutiques" favorisent "une baisse de la mortalité, notamment parmi les cancers les plus fréquents". Voire une sur-mortalité, surtout pour le rein et le système nerveux central.

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