"Pas de problèmes de santé graves" causés par la nouvelle formule — Lévothyrox

L'ANSM a publié jeudi 13 juin son rapport définitif après une vaste étude menée sur plus de deux millions de patients.

Des analyses complémentaires concernent le groupe de patients (18%) qui ont arrêté la NF fin 2017 pour prendre un autre médicament.

Pourtant l'étude de l'ANSM n'a pas mis en évidence une augmentation de la consommation de médicaments destinés à traiter ces symptômes (antidouleurs, corticoïdes, antimigraineux, antivertigineux, antidiarrhéiques.) mais des milliers de malades affirment toujours ressentir ces effets secondaires (fatigues extrêmes, perte de cheveux, douleurs chroniques, idées suicidaires).

Annoncée en décembre 2018 par le ministère de la Santé, cette étude fait suite à la vague d'effets indésirables déclarés par les utilisateurs de la nouvelle formule du Levothyrox (modification des excipients), introduite en France au printemps 2017 par Merck. " Ils reflètent plutôt les difficultés rencontrées par certains patients lors du changement ", précise l'agence.


Pour Philippe Sopena, médecin généraliste, conseiller médical de l'Association française des malades de la thyroïde (AFMT), l'ANSM "est à la fois juge et partie dans cette affaire". "Nous en sommes pas très étonnés, parce que l'ANSM est à la fois juge et partie dans cette affaire". L'Agence du médicament vient toutefois de conclure qu'aucune " toxicité propre " n'était associée à ce changement.

Les résultats complémentaires confirment les résultats principaux qui ne sont pas en faveur d'une toxicité propre de la nouvelle formule (NF) du Levothyrox, relève le docteur Rosemary Dray-Spira, épidémiologiste, co-auteure du rapport réalisé avec l'Assurance maladie/Cnam.

Selon le dernier rapport de l'Agence du médicament, le passage à la nouvelle formule de Lévothyrox n'a pas provoqué de "problèmes de santé graves" (pas plus d'hospitalisations), y compris chez ceux qui se sont tournés vers les alternatives à ce médicament pour la thyroïde. Le risque de décès ne différait pas statistiquement entre les deux groupes: "6355 dans le groupe NF - nouvelle formule (0,6 %) et 6387 dans le groupe AF - ancienne formule (0,6 %)".

En revanche, cette enquête met en avant "une nette augmentation" des consultations, estimée à 360 000 pour toute la population suivant ce traitement, soit 3 millions de personnes. A ces consultations, particulièrement de généralistes et d'endocrinologues, concentrées sur la période d'août à octobre 2017, s'ajoute une hausse relative de l'utilisation de certains médicaments comme les benzodiazépines (pris généralement pour dormir ou contre l'anxiété).

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