Contre les déserts médicaux, les sénateurs partagés sur les mesures à prendre

Contre les déserts médicaux, les sénateurs partagés sur les mesures à prendre

Le projet de loi Santé va être débattu à partir de lundi au Sénat. Au cœur des discussions, la question de la liberté d'installation des médecins.

Les sénateurs et la ministre de la Santé Agnès Buzyn se sont affrontés mardi soir sur la question de la régulation d'installation des médecins pour lutter contre les déserts médicaux. Faut-il des mesures incitatives ou une régulation?

Avec son projet de loi, la ministre de la Santé dit vouloir " tout faire pour répondre à l'angoisse de la désertification médicale ". Cette mesure sera effective à la rentrée 2020, avec l'objectif d'augmenter d'environ 20% le nombre de médecins formés. Le dispositif de médecin adjoint, qui permet à un interne d'assister un médecin en cas d'afflux saisonnier en zone touristique, sera étendu à d'autres zones.

La texte renferme quelques évolutions notables telles que la suppression du numerus clausus, la révision de la carte hospitalière, la facilitation de l'exercice médical, transformation numérique en santé, avec un déploiement de la pratique du " télésoin ", la délivrance par les pharmaciens, de certains médicaments sous ordonnance, etc. Agnès Buzyn s'est attachée à démonter point par point les arguments des défenseurs d'un conventionnement "sélectif" pour inciter les médecins à s'installer dans des zones déficitaires.


Le rapporteur de la commission des Affaires sociales Alain Milon (LR) a vu dans le texte "des inflexions positives, comme la "refonte attendue" des études de médecine, mais jugé que "son ambition pour l'heure ne me paraît pas à la hauteur des enjeux". Les sénateurs ont ainsi adopté en commission un amendement pour exonérer les médecins de cotisations sociales, à la condition qu'ils s'installent dans les trois années qui suivent l'obtention du doctorat, et s'engagent pour cinq ans.

Aujourd'hui, 9% de la population française vit dans un désert de médecins généralistes, soit près de 6 millions de personnes, selon Hervé Maurey, président de la commission de l'Aménagement du territoire au Sénat.

"Traduisant une partie des mesures du plan " Ma Santé 2022 " présenté en septembre par Emmanuel Macron, le texte porté par Agnès Buzyn prévoit une réforme des études de santé pour notamment pallier le manque de médecins, la labellisation de 500 à 600 " hôpitaux de proximité", une régularisation de médecins étrangers et encore un accès élargi aux données de santé ou la création d'un espace numérique de santé. Ce dispositif de " régulation " passerait en premier lieu par la négociation conventionnelle entre médecins et assurance-maladie. Parmi les mesures qui divisent, les sénateurs envisagent de "tempérer" le principe de liberté d'installation des médecins, autrement dit d'imposer, dans une certaine mesure, des lieux où les praticiens devraient ouvrir leurs cabinets.

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