Durcissement et amplification du mouvement — Grève des urgences

Durcissement et amplification du mouvement — Grève des urgences

A Paris aussi, une quinzaine d'infirmiers et d'aides-soignants de l'équipe de nuit des urgences de Lariboisière se sont fait porter pâle et ne se sont pas présentés dans la nuit de lundi à mardi.

"Nous avons des médecins qui ont franchi une ligne rouge en utilisant l'arrêt maladie comme moyen de pression dans le débat", balaie Guillaume Ducolomb, le directeur de l'hôpital de Lons-le-Saunier.

Si, au début, l'initiative n'était pas bien perçue au sein des hôpitaux de Paris, où le collectif Inter-Urgences a d'ailleurs été créé, elle s'est propagée assez rapidement à d'autres centres hospitaliers du pays comme à Rennes, Bordeaux, ou encore Avignon. Lors d'un appel à un débrayage symbolique de cinq minutes, le 28 mai, par l'association Samu-Urgences de France, "plus de 150 services ont répondu", assure François Braun, chef de service au CHR de Metz-Thionville. On ne peut pas faire mieux avec moins! Et en rentrant chez moi, j'ai trouvé les gendarmes, avec une nouvelle réquisition pour le lendemain matin.

Dans ce contexte, le locataire de l'Avenue de Ségur est attendu avec impatience au congrès des urgences organisé à partir d'aujourd'hui jusqu'à vendredi par Samu-Urgences de France et la Société française de médecine d'urgence (SFMU) mais, pour l'heure, Agnès Buzyn ne semble pas vouloir répondre à l'invitation. Mais a également fustigé un "dévoiement de ce qu'est un arrêt maladie". Les personnels soignants décident de se mettre en grève pour leurs conditions de travail et les conditions de soin des patients, toujours plus dégradées au fil des réformes et des coupes budgétaires. Nous l'avons vu à Lons-le-Saunier, ce sont les ambulanciers, ce sont les pompiers, ce sont les médecins libéraux qui ont pris en charge tous les patients. En.


Des propos qui ont fait bondir le collectif Inter-Urgences. "La surcharge de travail est permanente et reste le fruit de notre politique de santé", a-t-il réagi dans un communiqué le jour même. Sur Europe 1, le médecin Christophe Prudhomme, porte-parole de l'Association des médecins urgentistes de France, a fustigé une ministre qui "ne travaille pas avec nous". "Il y a un collectif et des syndicats qui ont déposé des préavis de grève, nous n'avons pas été reçus jusqu'à présent".

La secrétaire d'État Christelle Dubos a annoncé ce mercredi 5 juin, à l'Assemblée national que les personnels étaient entendus et que la ministre de la Santé "recevra dans les prochains jours l'ensemble des organisations" d'urgentistes. " Je vais leur faire des propositions ", a-t-elle assuré. "Je comprends leur colère et leur désespoir et je veux les assurer de la solidarité de l'exécutif". Je ne jette la pierre à personne.

Grèves, réquisitions, arrêts maladie: la crise des urgences hospitalières dure depuis bientôt trois mois et ne cesse de s'amplifier, avec une manifestation nationale prévue à Paris jeudi après-midi, en attendant une rencontre avec la ministre de la Santé Agnès Buzyn. Le cortège s'élancera de la Gare Montparnasse pour aller en direction du ministère de la Santé.

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