L'étude alarmante sur les aliments ultra-transformés — Santé

Consommer trop régulièrement des plats préparés, comme des soupes déshydratées ou des lasagnes surgelées, pourrait s'avérer dangereux pour la santé.

Les aliments ultra-transformés, comme les nuggets de poulet, le soda ou les céréales peuvent augmenter le risque de mort précoce, indique une étude publiée dans la revue British Medical Journal (BMJ).

Les aliments sont considérés comme ultra-transformés lorsqu'ils ont subi des procédés industriels de transformation avec, par exemple, de l'huile hydrogénée, de l'amidon modifié...

En revanche, la plupart des plats à réchauffer, les steacks végétaux reconstitués, les saucisses, les soupes en poudre, les snacks ou encore les sodas contenant du sucre et des édulcorants, sont concernés.

" Par exemple, à statut tabagique, niveau d'activité physique et poids équivalents, les personnes qui avaient une proportion d'aliments ultra-transformés dans leur alimentation plus élevée avaient plus de risques de développer une maladie cardiovasculaire ", ajoute-t-elle.


Si ces aliments hyper-transformés sont pointés du doigt par les chercheurs, c'est qu'ils sont plus riches en sel, en graisse saturée et sucre mais aussi qu'ils contiennent moins de vitamines et de fibres. S'y ajoutent des contaminants provenant des emballages et des contenants en plastique. La consommation d'aliments ultra-transformés s'est révélée être associée à un risque plus élevé de maladies cardiovasculaires (1.409 cas sur les 105.159 participants), et en particulier de maladies coronariennes (665 cas) et de maladies cérébro-vasculaires (829 cas).

La nouvelle étude française de l'Inserm dirigée par la docteur Mathilde Touvier porte sur plus de 100.000 participants, en majorité des femmes, participant à l'étude NutriNet-Santé (suivis entre 2009 et 2018, sur six ans maximum) et sur 3.300 aliments et boissons.

"S'il ne s'agit pas directement d'un lien de cause à effet, ce chiffre est d'autant plus significatif lorsqu'il est lié à certains facteurs, dont le tabac, l'alcool, le niveau d'activité physique, l'âge ou le sexe".

Les résultats de l'étude menée en Espagne par l'Université de Navarre vont dans le même sens. Elle porte sur 19.899 diplômés universitaires espagnols (dont 12.113 femmes) âgés en moyenne de 38 ans et les décès ont été dénombrés sur une moyenne de 10 ans.

Cependant, les amateurs d'aliments ultra-transformés avaient également d'autres mauvaises habitudes comme le tabagisme. Selon les chercheurs, une consommation de plus de plus de quatre portions d'aliments ultra-transformés par jour est associée à un risque accru de mortalité toutes causes confondues de 62 % comparativement à une consommation moindre. Une portion supplémentaire par jour augmente le risque de mortalité de 18 %. "C'est la consommation régulière qui importe", souligne la docteur Touvier qui, comme ses collègues, prône la consommation d'aliments bruts (légumes, fruits, poisson, lentilles, noix.).

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