Nouvelles mobilisations contre le pouvoir prévues en Algérie

Nouvelles mobilisations contre le pouvoir prévues en Algérie

Parmi les milliers de manifestants, la présence de la sœur de Larbi Ben M'hidi, le héros de la révolution algérienne, martyrisé et assassiné par l'impitoyable général Aussaresses, le bourreau de l'Algérie française, a été très remarquée.Les manifestants réclament le départ du président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 20 ans.

Le carrefour de la Grande-Poste est noir de monde, comme les rues qui y mènent.

"On veut une Algérie illuminée par sa jeunesse, pas assombrie par sa vieillesse", proclame une pancarte en référence à l'âge des dirigeants algériens et notamment du président Bouteflika, 82 ans, affaibli par les séquelle d'un AVC depuis 2013. Alors qu'il n'a pas été en état d'effectuer la moindre intervention publique durant son quatrième mandat qui s'achève ce 28 avril.

"Quand on dit +non au 5e mandat+, il (Bouteflika) nous dit +on garde le 4e, alors+", indique une autre.

"Ce n'est pas à lui [Jean-Yves Le Drian] de nous dire si les Algériens doivent accepter un chef de l'État octogénaire pendant que lui donne à son pays un quarantenaire flambant neuf."
Comme les semaines précédentes, le drapeau national -vert et blanc, frappé du croissant et de l'étoile rouges- a été brandi par les manifestants et déployé aux balcons des immeubles.


De nombreux manifestants ont expliqué à l'AFP être venus dès la veille à Alger, où ils ont passé la nuit chez des parents ou amis, craignant de ne pouvoir rejoindre la capitale en raison de barrages ou en l'absence de bus.

"Vous faites semblant de nous comprendre, on fait semblant de vous écouter", peut-on lire sur une autre pancarte, en référence aux efforts déployés toute la semaine par le pouvoir pour tenter de convaincre la rue qu'elle a été entendue. Jeunes et vieux, hommes et femmes, magistrats, avocats, enseignants, étudiants, élèves, médecins, travailleurs de tous les secteurs d'activités ont manifesté pacifiquement contre le système en place.

"Le premier ministre, Noureddine Bedoui et son adjoint Ramtane Lamamra ont entamé des consultations tendant à la formation du nouveau gouvernement", rapporte l'agence de presse officielle APS.

Toute la semaine, les appels à manifester massivement vendredi ont été relayés par les réseaux sociaux, avec des mots-dièses explicites: "Ilsípartirontítous", "Partez!". Au lieu d'apaiser la colère, vive mais toujours pacifique, elle a semblé au contraire la renforcer.

Les internautes ont également été sévères: sur Twitter, un internaute remercie ironiquement MM. Il a également mis fins aux fonctions d'Ahmed Ouyahia à la tête du gouvernement, en nommant Noureddine Bedoui comme premier ministre. "L'Elysée, stop! On est en 2019, pas en 1830", date de la conquête de l'Algérie par la France, rappelait une pancarte.

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