Plusieurs enfants de djihadistes rapatriés en France — Syrie

Plusieurs enfants de djihadistes rapatriés en France — Syrie

Le retour des enfants de djihadistes français détenus par les forces kurdes en Syrie se fera "au cas par cas", a répété cette semaine Emmanuel Macron, à l'heure où les appels se multiplient pour leur rapatriement en France.

Ces derniers font l'objet d'un suivi médical et psychologique particulier, ils ont été remis aux "autorités judiciaires" et les "proches concernés" ont été informés de leur retours, précise le ministère. L'opération pourrait être renouvelée dans un avenir proche si d'autres enfants ayant perdu leurs parents se retrouvaient dans une situation similaire. "Nous sommes dans un pays, la Syrie, avec une certaine désorganisation". Selon la ministre française de la Justice, Nicole Belloubet, la majorité des ressortissants français détenus dans des camps du Kurdistan syrien - environ 150 selon des sources françaises - seraient des enfants. Ils sont rentrés à bord d'un avion de l'armée de l'air française. Trois enfants ont déjà été ramenés d'Irak avec l'accord de leur mère française, Mélina Boughedir, condamnée en juin 2018 à Bagdad à la perpétuité pour avoir rejoint l'EI.

"Tous ces enfants sont exposés à court et moyen terme à un risque de mort", affirment ces deux avocats et Me Martin Pradel dans un communiqué publié dans la soirée en réaction aux propos du secrétaire d'Etat. En Syrie, ces enfants " ne sont pas sous l'autorité du gouvernement français, des soldats français. "Pour ce qui est des enfants, c'est une approche au cas par cas qui est menée, en particulier en lien avec la Croix-Rouge internationale. C'est une approche humanitaire qui est suivie et avec beaucoup de vigilance ". À la fin de février, au moins 80 enfants français se trouvaient aux mains des forces arabo-kurdes, selon des estimations de sources françaises non confirmées par les autorités.


Néanmoins, le secrétaire d'État à l'Intérieur Laurent Nunez affirmait mercredi encore que le retour des enfants n'était pas "pour l'instant envisagé". Ainsi en début de semaine, deux avocats Marie Dosé et Henri Leclerc ont lancé une pétition en ce sens signée par plusieurs personnalités.

Les familles françaises de djihadistes et de leurs compagnes appellent, elles, au retour de leurs enfants, pour les juger en France, en sus de leur action en faveur de leurs petits-enfants au titre de la protection de l'enfance.

Car Paris reste inflexible au sujet des adultes: "Ils doivent être jugés sur le territoire où ils ont commis leurs crimes", a souligné le ministère, invoquant "une question de justice et de sécurité à la fois".

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