France: la justice maintient les deux inculpations de Tariq Ramadan pour viols

France: la justice maintient les deux inculpations de Tariq Ramadan pour viols

La justice française a rejeté jeudi la demande de levée des deux inculpations pour viols réclamée par l'islamologue suisse Tariq Ramadan, remis en liberté mi-novembre après neuf mois de détention provisoire.

Avant même la décision de la cour d'appel, l'avocat de Christelle estimait que ce recours était "une requête destinée plus à rassurer les derniers soutiens de Tariq Ramadan qu'à convaincre les juges".

Au début de cette affaire retentissante, Tariq Ramadan niait tout rapport sexuel avec les deux plaignantes: Henda Ayari, ancienne salafiste devenue militante laïque, qui dénonce un viol au printemps 2012, et une femme surnommée dans les médias Christelle, qui a rapporté des faits similaires commis à Lyon le 9 octobre 2009.

"Même dans les moments de fougue et de domination, un non c'était un non", s'était-il défendu lorsqu'il avait reconnu en octobre devant les juges d'instruction une relation consentie avec chacune de ses accusatrices.

La position de l'islamologue était devenue intenable depuis la révélation en septembre de centaines de SMS sans ambiguïté exhumés d'un vieux téléphone de Christelle.


Soupçonné de plusieurs viols en France et en Suisse, le prédicateur musulman Tariq Ramadan est loin d'en avoir fini avec la justice française.

"Face aux mensonges et aux dénégations de M. Tariq Ramadan, la parole des plaignantes a pesé plus lourd", s'est félicité jeudi l'avocat de Christelle, Me Eric Morain.

Une troisième femme, Mounia Rabbouj, a à son tour porté plainte, en mars 2018, contre Tariq Ramadan, mais les juges d'instruction ne se sont pas prononcés sur ces faits pour l'heure. Ils contiennent des propositions sexuelles mais également des reproches de violences et de manipulation.

De manière constante depuis leur plainte, en octobre 2017, Henda Ayari et Christelle ont décrit chacune un premier rendez-vous qui a basculé en rapports sexuels brutaux et contraints. Toutes deux ont aussi invoqué l'emprise exercée par l'islamologue, par des mensonges, des manipulations et des menaces, corroborées par des témoignages d'autres femmes. Il est soumis à un contrôle judiciaire très strict, l'obligeant ainsi à pointer une fois par semaine au commissariat de Saint-Denis et lui interdisant de quitter le territoire français.

En avril, une quatrième femme a déposé une plainte en Suisse, entraînant l'ouverture d'une instruction à Genève. Le prédicateur, qui souffre d'une sclérose en plaques, a dû verser une caution préalable de 300'000 euros et remettre son passeport suisse.

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