Nouvelle journée de manifestations contre le pouvoir — Haïti

Nouvelle journée de manifestations contre le pouvoir — Haïti

Haïti était lundi une nouvelle fois plongée dans l'incertitude et la tension avec des barricades paralysant l'activité dans les principales villes et un pouvoir exécutif muet face aux revendications sociales scandées lors de manifestations parfois violentes. On n'a pas de bons dirigeants: "s'il y avait du travail dans le pays, ça ne serait pas arrivé", témoignait Joseph, dont le stock de boissons a été entièrement volé. Dans l'après-midi, des tirs sporadiques résonnaient encore dans certains quartiers de la capitale.

D'ordinaire encombrés par la circulation, les grands axes de la capitale étaient restés déserts au matin: par peur des violences, une large majorité d'écoles, de commerces et d'administrations n'ont pas ouvert leurs portes.

A un moment où les Haïtiens gagnent les rues pour dénoncer la cherté de la vie, la corruption et exiger le départ du président Jovenel Moïse, les pertes en vie humaine commencent à s'accumuler.

Lors de la campagne électorale, Jovenel Moïse avait promis qu'il mettrait " à manger dans toutes les assiettes et de l'argent dans les poches ".

Ses nombreuses promesses non tenues de vie meilleure et le gaspillage des fonds publics ont marqué les 24 derniers mois et ont attisé la fureur de bon nombre d' Haïtiens, plongés dans une pauvreté de plus en plus insoutenable.

"Nous demandons à la police nationale d'arrêter Jovenel Moïse car il représente un danger et une menace pour la vie de chaque Haïtien et aussi pour la sienne et celle de sa famille " a déclaré lundi à l'AFP André Michel, une des principales figures de l'opposition.


Le secrétaire général de la Plateforme Pitit Dessalines encourage l'installation d'un président auto-proclamé, au cas où Jovenel Moïse ne démissionnerait pas dans les prochains jours, " afin d'éviter au pays de tomber dans le chaos ".

Quelques jours après la publication, le jeudi 31 janvier 2019, du rapport partiel de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (Cscca), sur la dilapidation des fonds PetroCaribe de l'aide vénézuélienne à Haïti, le sénateur Youri Latortue, chef du parti politique Ayiti an aksyon (Aaa) (faisant montre d'opportuniste en plusieurs occasions) a affirmé, officiellement, s'être désolidarisé du pouvoir de Jovenel Moïse.

Une quinzaine d'anciens ministres et hauts fonctionnaires sont épinglés.

Face à cet audit, à la colère populaire et aux violences qui émaillent le quotidien de la capitale, le pouvoir exécutif s'enfonce dans un mutisme troublant.

Le gouvernement reconnaît le droit de toute personne à manifester et exprimer ses droits selon la loi, mais piller des magasins, bloquer la rue, brûler des pneus, briser les vitres des voitures et jeter de l'huile sur la chaussée n'entre pas dans ce cadre.

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