Des croix gammées taguées sur le portrait de Simone Veil à Paris

Des croix gammées taguées sur le portrait de Simone Veil à Paris

Le ministre de l'Intérieur s'est ému lundi de la flambée de 74% des actes antisémites en France en 2018, à l'issue d'un week-end où plusieurs inscriptions antijuives ont été découvertes à Paris et où un arbre en mémoire d'Ilan Halimi a été vandalisé dans l'Essonne.

"J'ai saisi le procureur de Paris et le Préfet de Police", a affirmé sur Twitter Frédéric Potier, le Délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah), en postant sur le réseau social une photo d'une porte de garage sur laquelle est écrit "Macron Jews' Bitch". La classe politique a réagi massivement sur les réseaux sociaux. "Salir la mémoire de Simone Veil, c'est salir la République", a ainsi écrit le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner.

Ces tags antisémites s'ajoutent à celui découvert ce week-end sur la devanture d'un restaurant Bagelstein à Paris.

Frédéric Potier a également retweeté la photo d'un mur du XVIIIe arrondissement, dans le nord de la ville, non loin de Montmartre, sur lequel on peut lire "truie juive". Quand la haine des Juifs se recoupe avec la haine de la démocratie, le vocabulaire de la fachosphère se retrouve sur les murs! La mairie, qui a découvert les tags lundi matin, va déposer plainte, a-t-elle précisé à l'AFP. La mairie de cet arrondissement indique sur Twitter avoir fait un signalement ce lundi matin à ce sujet.


Ilan Halimi, 23 ans, employé dans un magasin de téléphonie, avait été enlevé le 21 janvier 2006 par le "gang des barbares" et découvert, après trois semaines de tortures, agonisant près de la gare de Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne) le 13 février.

La mairie, qui a découvert les tags lundi matin, a précisé à l'AFP qu'elle allait porter plainte. "La putain de la youtrerie universelle", est-il écrit sur le bâtiment du quotidien. Franck Riester, lui, a tweeté: "Jamais nous ne céderons face à l'antisémitisme, face à ceux qui, par leur haine et leur ignorance, salissent la République". Leur vitrine a été taguée du mot "juden" ("juifs" en allemand), en jaune, la couleur de l'étoile dont le port était imposé aux juifs pendant l'occupation allemande.

Co-fondateur de cette chaîne de ventes de bagels, Gilles Abecassis avait indiqué dimanche à l'AFP que d'autres restaurants de son enseigne avaient été ciblés par des inscriptions antisémites. "Soyons tous mobilisés contre la haine", a indiqué la municipalité.

Dans un message posté sur Twitter, le maire de cet arrondissement de l'est parisien, Jérôme Coumet (PS), dénonce un acte "immonde, abject et surtout lâche".

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