Le témoignage poignant de Cécile Duflot à la barre — Affaire Baupin

Le témoignage poignant de Cécile Duflot à la barre — Affaire Baupin

Ancienne secrétaire nationale d'EELV, Emmanuelle Cosse a épousé Denis Baupin en 2015.

En mai 2016, France Inter et Mediapart ont publié les témoignages de huit femmes, élues ou collaboratrices du parti Europe Ecologie Les Verts (EELV), qui affirment avoir été victimes de harcèlement sexuel, voire d'agressions sexuelles entre 1998 et 2014 de la part de Denis Baupin, alors vice-président de l'Assemblée nationale. L'avocat de Denis Baupin a précisé que son client niait les faits.

"Maintenant que c'est dit, les filles après nous, non seulement elles auront des responsabilités (politiques) mais, en plus, elles sauront qu'elles ne sont pas obligées de subir ça".

Le procès en diffamation intenté par Denis Baupin s'est mué mardi soir en charge contre l'ancien député écologiste, à mesure que venaient témoigner ex-collaboratrices et ex-cadres écologistes.


Le soir, de retour dans sa chambre d'hôtel, elle raconte avoir reçu un texto de sa part lui demandant son numéro de chambre. Sans lâcher mon tire-lait, je lui réponds.

Dix secondes après lui avoir répondu, Denis Baupin est devant la porte de sa chambre. Elle explique qu'il a posé la main sur son cou et elle dit qu'elle lui a répondu: "Cela ne va pas la tête, arrête!" et qu'il a essayé de mettre le pied dans l'encadrement de la porte et à ce moment là elle lui a donné un coup de pied dans le tibia. Après cet épisode, elle "fait tout pour l'éviter", mais ne dit rien à personne et ne porte pas plainte. " Si Denis Baupin voulait laver son honneur face à ses accusatrices, pourquoi ne s'est-il pas expliqué devant le tribunal? (...) Ca fait longtemps que je fais de la politique, je suis devenue une femme solide, trop solide", reconnaît en pleurs Cécile Duflot. "C'est une énorme erreur". J'ai été capable de dire à des femmes des choses comme +Si t'es choquée parce qu'un mec te demande de le sucer, franchement, ça nous arrive tous les jours+ (.).

Elle évoque les valeurs de son parti, le féminisme, la parité, un côté libertaire, le clivage entre la génération de Dominique Voynet qui l'a précédée et la sienne, "intermédiaire", juste avant #MeToo.

" On savait et on n'a rien fait". Je l'ai poussé dehors et j'ai claqué la porte". "J'étais vulnérable, j'avais un bébé de 2 mois. "Combien de fois nous les hommes, on regarde ailleurs, on laisse faire", regrette-t-il. "Il me regardait bizarrement (.) Son regard m'a fait peur". "Quand on est un responsable politique, on doit faire ce que je n'ai pas fait: on a la responsabilité de protéger les militants et les militantes, de faire attention, d'être vigilant".

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