Zone de turbulences annoncée autour de la privatisation d'ADP — Sénat

Zone de turbulences annoncée autour de la privatisation d'ADP — Sénat

Le Sénat à majorité de droite s'est opposé mardi soir au projet de privatisation du groupe ADP (Aéroports de Paris), lors de l'examen en première lecture du projet de loi Pacte sur la croissance et la transformation des entreprises.

Le Sénat entame mardi la seconde semaine d'examen en première lecture du projet de loi dit Pacte sur la croissance et la transformation des entreprises, avec au programme, vraisemblablement à partir de la fin d'après-midi, le volet sur les cessions d'actifs concernant trois emblèmes nationaux: ADP, La Française des Jeux (FDJ) et Engie. La très grande majorité des Républicains a voté pour ces amendements de suppression, de même que la totalité des groupes PS et CRCE et une partie des Indépendants. Dans le camp des contres il y avait le groupe LREM et la quasi-totalité du groupe RDSE (à majorité radicale). L'Assemblée Nationale gardera le dernier mot mais ce projet, annoncé depuis l'élection présidentielle, met beaucoup de temps à se concrétiser.

L'Etat est jusqu'ici tenu de conserver la majorité des parts du groupe ADP. La future privatisation d'ADP doit prendre la forme d'une concession pour 70 ans. Le débat au Sénat "prouve une chose, c'est que la recomposition politique française nous réserve encore bien des surprises", a-t-il ironisé. Les sénateurs ont d'ailleurs mis en parallèle la privatisation prévue d' ADP et le " désastre financier de la privatisation des autoroutes", remis en lumière par le mouvement des Gilets Jaunes.

Les sénateurs de l'opposition LR et les socialistes ont fait front commun contre le projet du ministre de l'Économie Bruno Le Maire.


"Nous parlons de notre principale frontière", a renchéri David Assouline (PS). Le député LR Michel Vaspart a, lui, jugé "étonnant de vendre au privé ce qui rapporte à l'Etat", se disant "opposé à la privatisation d'un monopole".

Les centristes, alliés de LR dans la majorité sénatoriale, sont eux plutôt partisans d'aménager le texte, de façon à obtenir des garanties supplémentaires pour protéger les intérêts de l'Etat. Bruno Le Maire a rappelé qu'il était prêt à accepter des amendements dans le sens d'un renforcement de la régulation. "Je vous ai tendu la main et vous n'avez pas voulu la saisir, votre choix est fait", a-t-il ajouté.

Les cessions d'actifs doivent contribuer à alimenter un fonds de 10 milliards d'euros destiné à financer l'innovation.

En revanche le Sénat, où la droite est majoritaire, a autorisé le lendemain l'Etat à descendre en-dessous du seuil des 33,3% des parts dans le capital d'Engie (ex-GDF Suez), ouvrant la voie à un désengagement total ou partiel de l'Etat.

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