Nissan renonce à construire son nouvel X-Trail en Grande-Bretagne — Marché

Nissan renonce à construire son nouvel X-Trail en Grande-Bretagne — Marché

La décision de Nissan de renoncer à fabriquer un crossover dans le nord-est de l'Angleterre constitue un revirement spectaculaire du constructeur japonais et un coup sévère pour l'industrie automobile britannique à deux mois du Brexit.

Nissan avait initialement prévu en 2016 de lancer la production de son X-Trail à Sunderland, où sont par ailleurs produits le best-seller Qashqai et le petit SUV Juke, ainsi que la Leaf électrique et plusieurs modèles de sa gamme de luxe Infiniti. Nissan a évoqué notamment "l'incertitude persistante" quant à la forme future du Brexit.

A la place, ce 4X4 urbain sera fabriqué à Kyushu, l'île du sud du Japon où il est déjà assemblé pour d'autres marchés.

Mais l'onde de choc a résonné jusqu'à Londres.

"Le gouvernement reconnaît pleinement l'importance du marché européen pour votre présence à Sunderland", écrit le ministre des Entreprises, Greg Clark, dans cette lettre adressée à Carlos Ghosn, alors PDG de Nissan.

Ce revirement du constructeur nippon ne signifie certes pas que le site et ses 7.000 salariés sont menacés. Reste que la déception dans la région risque d'être à la hauteur du soulagement manifesté en octobre 2016 lorsque la direction du groupe japonais avait confirmé son ancrage sur place - en prévoyant d'y assembler son nouveau Qashqai, mais aussi le X-Trail.


Le détail complet de ces assurances n'a jamais été dévoilé mais M. Ghosn avait été suffisamment satisfait pour que le constructeur japonais donne son feu vert à Sunderland quelques jours plus tard.

Sous pression, le gouvernement britannique a publié lundi après-midi le contenu de la lettre écrite le 21 octobre 2016 par Greg Clark à Carlos Ghosn, ce qu'il s'était refusé à faire jusque-là.

"Ils seront invités à présenter une nouvelle demande à la lumière des changements apportés", a indiqué lundi dernier le ministre. La décision a d'abord été prise pour des "raisons économiques", avance le président de Nissan Europe Gianluca de Ficchy, mais aussi à cause de "l'incertitude persistante " qui pèse sur les relations entre Londres et Bruxelles et qui "n'aide pas " des entreprises comme le groupe japonais.

"Une priorité essentielle de notre négociation sera de soutenir les constructeurs automobiles du Royaume-Uni et de garantir que leur capacité d'exporter vers ou d'importer en provenance de l'UE ne sera pas affectée négativement par les futures relations du Royaume-Uni avec l'UE".

Les députés britanniques ont rejeté avec force le texte négocié par Theresa May avec l'Union européenne, qui avait au moins le mérite de comporter une période de transition durant laquelle les deux parties pouvaient discuter d'un accord commercial. "Si c'est un Brexit dur, je ne serai pas surpris que Nissan réexamine aussi ses décisions de produire le Juke et le Qashqai" à Sunderland, a expliqué à l'AFP Christian Stadler, professeur à la Warwick Business School.

Le secteur automobile est particulièrement frappé par ce flou artistique, car l'assemblage d'une automobile au Royaume-Uni nécessite des pièces détachées qui voyagent souvent de part et d'autre de la Manche avant de finir dans une voiture.

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