Ferroviaire: Le mariage Alstom-Siemens n'aura pas lieu

Ferroviaire: Le mariage Alstom-Siemens n'aura pas lieu

Cette décision était largement attendue.

Le constructeur ferroviaire canadien Bombardier s'est d'ailleurs dit "heureux" du veto de la Commission européenne, estimant qu'une telle opération aurait "gravement compromis la santé et la compétitivité de l'ensemble du marché ferroviaire européen".

Les sociétés ont deux mois à compter de la date de notification de l'interdiction pour déposer un recours devant le Tribunal de l'Union européenne, qui peut mettre "plusieurs années avant de rendre ses conclusions" selon un avocat interrogé par l'Agefi-Dow Jones. "Je crois que les jeux sont faits", a affirmé le ministre sur la chaîne de télévision France 2, parlant d'une "erreur économique". Il a été rejoint un peu plus tard par sa collègue secrétaire d'État à l'Économie, Agnès Pannier-Runacher: "Ne pas construire une analyse de la concurrence en prenant en compte ce qui se passe sur le plan mondial (.) c'est de mon point de vue appliquer des règles du XXe siècle à une économie du XXIe siècle".

Même son de cloche de l'autre côté du Rhin. Suite à cette nouvelle, le gouvernement a annoncé réfléchir à "d'autres possibilités de consolidations pour Alstom": "Ce fleuron français a tout pour réussir, mais il doit se consolider", a ajouté Bruno le Maire devant des journalistes au Sénat.

Le 5 février, le ministre allemand de l'Économie, Peter Altmaier, avait également plaidé pour une politique favorisant des regroupements à l'échelle européenne, afin de créer des champions capables de jouer "à égalité" sur la scène internationale, et une révision du droit européen de la concurrence.


Paris et Berlin craignent la concurrence du chinois CRRC, numéro un mondial du ferroviaire né du rapprochement de deux entreprises d'Etat contrôlées par Pékin. Selon la Commission européenne, la rapprochement franco-allemand aurait réduit le nombre d'industriels rivaux dans l'Union, ce qui aurait risqué de faire monter les. Et d'évoquer la rareté des appels d'offre sur la très grande vitesse en Europe. "Il n'y a aucune perspective de l'arrivée des Chinois sur le marché européen dans un futur proche".

Bruxelles a bloqué ce mercredi le rapprochement entre Siemens et Alstom dans le domaine ferroviaire.

Alstom et Siemens Mobility repartiront donc "chacun de leur côté" comme l'avait indiqué le PDG d'Alstom, Henri Poupart-Lafarge, au quotidien Le Figaro. L'alliance avec Siemens avait "deux buts", a-t-il rappelé: grossir face à la concurrence du Chinois CRRC, et "accélérer (le) mouvement vers les technologies digitales".

Dans la foulée, Alstom a annoncé qu'il enterrait le projet de fusion avec Siemens. En près de trente ans, plus de 6000 fusions ont été approuvées et moins d'une trentaine ont été bloquées.

La Commission européenne, qui dispose depuis 1989 d'un droit de veto sur les grands projets de fusion, n'en a pas souvent fait usage.

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