Le président Macron envisage un référendum à l'issue du grand débat

Le président Macron envisage un référendum à l'issue du grand débat

Le politologue héraultais Michel Crespy s'avoue très réservé sur l'organisation d'un référendum le dimanche 26 mai, jour des élections européennes. " Si, en revanche, les questions posées ne s'appuient sur aucun texte de loi, le référendum est privé de tout effet juridique". Un débat qui a révélé une inquiétude locale plus accrue encore que lors des trois premiers auxquels a participé le chef de l'Etat, en raison de la pauvreté ou de l'isolement des territoires d'Outre-mer.

Autant de points figurant dans la réforme constitutionnelle... actuellement enlisée au Parlement. Le président, déjà en retard sur le programme officiel, était attendu par environ 300 élus et représentants d'associations franciliens à Evry-Courcouronnes, commune de 70 000 habitants située à une trentaine de kilomètres au sud de Paris, pour son premier déplacement en banlieue dans le cadre du grand débat.

Avant de se rendre dans l'Essonne, Emmanuel Macron a commencé à recevoir lundi matin les responsables des partis afin d'élaborer une issue à la crise des "gilets jaunes ", y compris par un référendum, une hypothèse déjà vivement débattue.

Et ce, après que plusieurs figures de la majorité et du gouvernement, dont Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères, ou la ministre chargée des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, ont laissé entendre leur réserve, voire leur hostilité à propos de cette initiative.

Selon l'Elysée, toutes les options sont encore sur la table.

"Quand je vois parfois le taux d'abstention à certaines élections, je me dis que la bataille est plutôt là qu'à donner le droit de vote à ces mêmes élections à ceux qui ne l'ont pas aujourd'hui, c'est plutôt les accompagner dans un chemin qui consiste à demander la nationalité française s'ils sont là depuis longtemps", a-t-il ajouté. Une manière de couper court à la cacophonie naissante au sein de son propre gouvernement autour de cette proposition poussée par une partie de la majorité LREM et qui aurait les faveurs de l'Elysée.


"Le faire le jour des élections européennes ne me paraît par contre pas du tout opportun".

"Il n'y a aucun tabou, aucun interdit pour le chef de l'État, mais il faut évidemment attendre la fin du débat avant d'envisager quoi que ce soit", souligne le ministre Sébastien Lecornu, coanimateur du grand débat national, dans Ouest France dimanche. "La dernière option, c'est le referendum, et on y va", explique-t-on. Mais il précise "qu'il ne faut pas mélanger les enjeux".

La -ou les questions- proposée aux Français lors de cette consultation pourrait notamment porter sur des sujets institutionnels, comme la réduction du nombre de parlementaires, la reconnaissance du vote blanc ou la limitation du cumul de mandats dans le temps.

Le patron des Républicains Laurent Wauquiez estime qu'Emmanuel Macron est coupé des priorités des français, et qu'il prendrait un grand risque en organisant un référendum.

"Dans un référendum, ce qui serait intéressant c'est de dire: 'Nous, on est prêt à prendre un engagement sur la lutte contre le gaspillage de l'argent public, sur la baisse de la dépense publique'". "On sera là", répond l'intéressé.

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