Gabon: la situation "sous contrôle", les mutins arrêtés

Gabon: la situation

Avant d'être arrêté, un groupe de soldats a appelé au soulèvement pour remplacer Ali Bongo. L'officier qui parle se présente comme étant le lieutenant Kelly Ondo Obiang, commandant adjoint de la garde républicaine.

"Kelly Ondo Obiang explique en outre lancer une " opération Dignité ", appelant " toutes les forces de sécurité " et " la jeunesse gabonaise" à se joindre au mouvement et à prendre le contrôle des moyens de transport, casernes, etc..."

Dans son message, Kelly Ondo appelle les hommes de rang et les sous-officiers à se procurer les armes des casernes, à boucler et prendre le contrôle des points stratégiques dans le pays.

"Si vous mangez, arrêtez; si vous prenez un verre, arrêtez; si vous dormez, réveillez-vous".

L'appel lancé par les putschistes ne semble pas avoir été très suivi.

Une grande confusion a régné ce matin à Libreville, la capitale gabonaise.


Dans ce quartier populaire proche de la radio-télévision, des dizaines de jeunes ont incendié une voiture et enflammé des pneus. Les forces de l'ordre ont tiré du gaz lacrymogène pour disperser les manifestants.

Le porte-parole du gouvernement, Guy-Bertrand Mapangou, a fait savoir que les mutins avaient été arrêtés par les unités du GIGN gabonais, selon RFI.

Ils ont été abattus après que des agents de sécurité ont pris d'assaut le bâtiment de la radio nationale qu'ils avaient investi. C'est ce que montre des clichés qui ont fuité sur les réseaux sociaux après une coupure d'internet durant 24h à l'initiative des autorités gouvernementales.

Ali Bongo Ondimba dépose son bulletin dans l'urne à Libreville, lors de la présidentielle du 27 août 2016. Pour la première fois depuis le 24 octobre, les Gabonais ont pu l'entendre et s'exprimer sur son état de santé. Le chef de l'État gabonais a reconnu souffrir de problèmes de santé mais a assuré qu'il se remettait. Le jeune militaire, inconnu au bataillon, invite les principales figures de l'opposition au régime d'Ali Bongo, en longue convalescence au Maroc, à une concertation pour sauver le Gabon du chaos. Bongo avait alors été réélu avec moins de 6000 voix d'avance sur l'opposant Jean Ping, ancien président de la Commission de l'Union africaine, à l'issue d'une élection tendue, marquée par des accusations de fraudes et de violentes manifestations. Bongo Jr a beau annoncer alors son prochain retour au pays, tout indique qu'il ne recouvrera pas de sitôt ses facultés physiques et intellectuelles. Il est vrai que l'inamovible présidente de la cour depuis 25 ans, Marie-Madeleine Mborantsuo, est l'ancienne maîtresse du père d'Ali, Omar Bongo, qui régna pendant quarante et un ans. Mais pas plus que son succès n'aurait guéri le Gabon de ses maux, son échec ne résout quoi que ce soit. Pendant les vacances parlementaires le président a un pouvoir discrétionnaire sur les lois dejà votées.

Précisons, par aileurs, que cette tentative de coup d'état au Gabon survient au moment où un contingent de 80 militaires américains séjournent depuis le 2 janvier dernier dans le pays, dans l'éventualité d'une intervention en République démocratique du Congo (RDC). Paris a appelé également les ressortissants français résidant à Libreville à "éviter tout déplacement" dans l'immédiat dans la capitale gabonaise.

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