SOS Méditerranée et MSF renoncent à affréter l'Aquarius

SOS Méditerranée et MSF renoncent à affréter l'Aquarius

SOS Méditerranée et Médecins sans frontières annoncent jeudi avoir renoncé à affréter l'Aquarius, bateau avec lequel elles portaient secours aux immigrants qui tentent la traversée vers l'Europe. Mais SOS Méditerranée, qui vient en aide aux migrants à la dérive sur des embarcations de fortune, veut croire que cette décision de stopper les activités de son emblématique navire humanitaire, permettra au contraire de reprendre de plus belle les opérations de sauvetage. "Renoncer à l'Aquarius a été une décision extrêmement difficile à prendre" face aux "attaques incessantes dont le navire et ses équipes ont fait l'objet", a déclaré Frédéric Penard, directeur des opérations de SOS Méditerranée, dans un communiqué.

L'association annonce explorer activement les options pour un nouveau navire et un nouveau pavillon et étudier sérieusement toutes les propositions d'armateurs qui lui permettraient de poursuivre sa mission de sauvetage. Elle accuse les gouvernements européens d'avoir " contribué à ces événements tragiques en soutenant les garde-côtes libyens pour intercepter les personnes en mer ".

Depuis le début de ses opérations au large de la Libye en février 2016, le navire à la coque orange a porté assistance à près de 30.000 personnes. "Nous refusons de rester les bras croisés sur le rivage alors que des gens continuent de mourir en mer", assure Frédéric Penard. Mais le navire a vu les obstacles se multiplier depuis que l'Italie, sous l'impulsion du ministre de l'Intérieur Matteo Salvini, a fermé ses ports cet été aux navires humanitaires.


Il a plus récemment été mis sous séquestre à la demande de la justice italienne qui accuse l'équipage de tri non conforme des déchets du navire. La semaine dernière Berne lui avait refusé le pavillon suisse. Plusieurs autres opérations de sauvetage en mer avaient déclenché des psychodrames diplomatiques similaires au cours de l'été, forçant une poignée d'Etats européens à improviser pour se répartir les réfugiés, et à réfléchir à un mécanisme plus pérenne.

"Les attaques répétées et ciblées contre les organisations humanitaires, qui viennent s'ajouter à la négligence criminelle des Etats membres de l'UE qui ne respectent en aucun cas leurs obligations maritimes et internationales, entraînent des risques croissants pour les personnes en détresse en mer", s'indigne Sophie Beau, directrice de SOS Méditerranée France, dans le communiqué de l'organisation.

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