Plus de 89 000 membres des forces de l'ordre mobilisés en France

Plus de 89 000 membres des forces de l'ordre mobilisés en France

La France se prépare samedi à une quatrième journée de manifestations des "gilets jaunes", redoutant de nouvelles violences, notamment à Paris en partie barricadée, où des forces de l'ordre sont mobilisées en nombre depuis l'aube.

Le gouvernement, voyant que les mesures annoncées dans la semaine ne suffisait pas à calmer la colère, a multiplié les appels au calme ces derniers jours, et plusieurs figures de cette contestation née sur les réseaux sociaux ont appelé à défiler pacifiquement. Et une trentaine de personnes ont été placées en garde à vue, interpellée à Paris dans les gares et sur la voie publique, a appris l'AFP samedi de source proche du dossier.

Partout dans l'Hexagone, des mesures de sécurité exceptionnelles ont été décrétées, notamment à Paris où les scènes de guérilla urbaine du week-end dernier ont stupéfait le pays et à l'étranger. Il a rencontré pendant près d'une heure, en l'absence des médias, une soixantaine de gendarmes d'un escadron de Guéret (Creuse) qui seront déployés aux Champs-Elysées après être déjà intervenus samedi dernier. "Lunettes de piscine, écharpes, protèges-tibia.", raconte Dorian, animateur à Poissy (Yvelines).

Dans tous ces lieux, des "gilets jaunes" sont susceptibles de se réunir, en particulier la place de la Bastille.

La quasi totalité des magasins sont barricadés derrière des plaques de bois essentiellement.

Michel, 51 ans, venu de l'Yonne, vient pour la première fois manifester à Paris. Les autorités municipales et gouvernementales se sont ainsi préparées.

À Paris comme en province, les fermetures et annulations sont nombreuses: tour Eiffel, musée du Louvre, musée d'Orsay, musée Georges Pompidou, grands magasins (Lafayette, Printemps, BHV.) rideau baissé sur la scène de l'Opéra ou à la Comédie française, nombreux matchs de football reportés.

Pas convaincus, des "gilets jaunes" appellent à une nouvelle manifestation le 1er décembre sur les Champs-Élysées.


Plusieurs pays européens ont conseillé la prudence à leurs ressortissants, voire d'éviter Paris ce week-end comme la Belgique. Cette semaine pour calmer les esprits, l'exécutif a notamment annoncé l'annulation de la hausse de la taxe sur les carburants et envisage une prime de pouvoir d'achat défiscalisée.

Un peu plus tôt dans la journée, Benjamin Cauchy, ici au côté de Jacline Mouraud, avait appelé à ne pas aller manifester à Paris, estimant que ce rendez-vous était " un traquenard ".

Éric Drouet, visé par une enquête après avoir appelé à entrer dans l'Élysée, a appelé à laisser "Paris aux casseurs" et d'aller manifester "sur le périphérique" parisien à la place. Une délégation de "gilets jaunes" a été reçue vendredi soir par le Premier ministre Edouard Philippe.

"Ma mission c'est d'atteindre les objectifs qui ont été fixés par le président de la République. J'espère qu'il va parler au peuple de France comme un père, avec amour et respect et qu'il prendra des décisions fortes", a déclaré à la sortie Christophe Chalençon, un autre porte-parole du mouvement.

Silencieux toute la semaine, Emmanuel Macron ne s'exprimera qu'en "début de semaine prochaine" sur la crise, selon le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand.

Des policiers en faction contrôlent les " gilets jaunes ", près de l'Arc de Triomphe, le 8 décembre 2018.

Face à ce mouvement, l'Etat peine donc à avoir une réponse politique et sociétale, donnant une impression de vacillement inquiétant. Une réunion à Matignon avec des représentants des "gilets jaunes", prévue le 4, est finalement annulée car certains disent avoir reçu des menaces de mort.

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