Démographie médicale : les inégalités se creusent

Démographie médicale : les inégalités se creusent

Aujourd'hui la Corse compte 1 334 médecins actifs et avec les généralistes, d'autres spécialités sont en difficulté, selon le Dr Jean Canarelli, Président de l'Ordre des Médecins de Corse-du-Sud.

Dans le contexte actuel de crise sociale, c'est une information qui a de quoi donner le cafard: le nombre de médecins en activité continue de diminuer, avec 198 081 professionnels en activité en 2018. Depuis 2010, le chiffre a chuté de 10%. Avec 217.107 inscrits au tableau de l'Ordre, le nombre de praticiens actifs affiche une hausse de 0,50% sur un an et dépasse son précédent record établi en 2010, selon le Conseil national de l'Ordre des médecins (Cnom) dans son atlas démographique annuel. Si ses nombreux enseignements ne témoignent pas d'une santé de fer, l'espoir subsiste.

Cette baisse concerne tout particulièrement les généralistes qui ne sont plus que 87 801 en exercice en 2018, contre 94 261 en 2010.

Plus 0,71% dans le Calvados.

Si l'âge moyen des médecins en activité régulière est de 51 ans (de 47 ans en Ille-et-Vilaine à 55 ans dans la Creuse), l'Atlas tire le signal d'alarme sur " l'insuffisance du renouvellement générationnel ". Tandis que La Manche perd 2,56% de ses effectifs quand l'Orne stagne.


Par ailleurs, "la féminisation du corps médical se poursuit": les praticiennes représentent 47% des médecins en "activité régulière" et sont majoritaires dans 11 départements ainsi que chez les jeunes généralistes (64%) et chirurgiens (61%) de moins de 40 ans. Pour le CNOM, "la fracture territoriale continue à se creuser". Pire, la désertification médicale frappe souvent les populations les moins biens loties en général. Entre 2010 et 2018, cette densité baisse partout, mais dans des proportions très différentes: - 9,8 % dans les départements favorisés contre - 19,8 % dans les moins favorisés.

Autre phénomène inquiétant, les nouveaux médecins se répartissent encore et toujours au sein des mêmes départements que l'an passé (côte atlantique, pourtour méditerranéen, région Auvergne-Rhône-Alpes, Île-de-France, couloir de la Bretagne au Nord-Pas-de-Calais) et autour des métropoles qui abritent des grandes facultés de médecine. On note une baisse du nombre de médecins dans les départements déjà affectés.

Moins attirants, les départements de la "diagonale de l'intérieur" ont davantage recours aux médecins étrangers pour ralentir l'hémorragie.

Notre système de santé exige, de façon urgente, une réforme en profondeur et cohérente.

Le Cnom présentera des propositions concrètes début 2019.

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