Le Qatar claque la porte de l'Opep

Le Qatar claque la porte de l'Opep

Cette décision est avant tout symbolique: le Qatar, premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié, est l'un des plus petits producteurs de l'Opep (2% de la production globale de pétrole) et son influence est limitée.

Le Qatar a annoncé, lundi 3 décembre, qu'à compter du 1er janvier prochain, il ne fera plus partie de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), dont il est membre depuis 57 ans.

L'Arabie saoudite a rompu ses relations diplomatiques avec le Qatar en juin 2017 en l'accusant d'abriter des individus et des organisations qui lui sont hostiles.

Toujours est-il qu'en invitant l'émir du Qatar à Riyad, l'Arabie saoudite, qui a demandé et obtenu que le sommet du 9 décembre soit organisé sur son sol - alors qu'il devait initialement avoir lieu à Oman -, répond aux attentes de Washington.

Des délégués de l'Opep, qui compte 15 membres en comptant le Qatar, se sont efforcés de minimiser l'impact de ce départ qui n'en fait pas moins mauvais effet au moment où le cartel veut afficher un front uni pour redresser des cours du brut en baisse de près de 30% depuis leur pic du début octobre.


Quelles conséquences pourrait avoir cette décision sur l'avenir de l'OPEP et sur la tenue des prix du pétrole?

Donald Trump fait également pression sur l'Arabie saoudite afin qu'elle augmente sa production, et compense la moindre production de l'Iran, causée par les sanctions... des Etats-Unis.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (MBS) a besoin de la protection de son allié à la Maison-Blanche. mais aussi d'un baril plus cher pour mettre en oeuvre ses réformes économiques.

Ils se retrouvent jeudi à Vienne pour faire repartir les prix à la hausse. Par exemple, le 16 novembre dernier, à l'issue du 33e sommet de l'Association des pays d'Asie du Sud Est (Asean) à Singapour, Vladimir Poutine avait déclaré: "La situation actuelle, avec un cours qui était récemment autour de 70 dollars, nous convient parfaitement", soulignant que le budget russe avait été bâti sur la base d'un baril à 40 dollars. Les ingrédients sont réunis pour un cocktail d'incertitudes sur les prix du pétrole, qui peuvent monter aussi rapidement que descendre.

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