"Gilets jaunes": "il faut accélérer la baisse des impôts", juge Le Maire

Le ministre devait réunir dans la matinée à Bercy les acteurs du monde économique pour leur demander de "joue (r) aussi le jeu" et discuter des pistes pour baisser les "dépenses contraintes" des Français et mieux rémunérer leur travail.

"Maintenant, il faut accélérer la baisse des impôts".

PARIS, 3 décembre (Reuters) - Le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a appelé lundi à une accélération de la baisse des impôts pour répondre à la "crise sociale et démocratique" aux "racines profondes" exprimée par le mouvement des "Gilets jaunes".

"Ceux qui ont dirigé la France et qui nous font la leçon aujourd'hui devraient mesurer leur part de responsabilité" dans "la réalité cruelle de la situation actuelle", où la France est engluée dans une "mécanique ravageuse" - "plus de dépenses publiques, plus de dette (publique) et donc (.) plus d'impôt", a lancé Bruno Le Maire dans une allusion à peine voilée à l'ancien chef de l'Etat François Hollande. "Et nous sommes décidés à nous engager dans cette voie", a déclaré M. Le Maire.


Il prévient aussi qu'il ne s'agit pas de "reprendre d'une main ce qui a été donné de l'autre à ceux qui travaillent ".

"Cette crise est d'abord le résultat de déchirements territoriaux" liés à des "choix économiques" qui "depuis trois décennies ne nous ont pas permis de développer des emplois pour tous", de "redresser notre industrie" et de "nous engager dans la voie d'une économie décarbonée", a assuré le ministre.

Lors d'un débat sur la crise liée au mouvement des "Gilets jaunes" mercredi à l'Assemblée nationale, le Premier ministre Edouard Philippe s'est dit ouvert à la défiscalisation d'une prime que des entreprises décideraient de verser à leurs salariés et a souhaité le lancement d'une réflexion sur les "dépenses contraintes" des Français. Le gouvernement paie aujourd'hui ces choix, "au prix fort", souligne-t-il. C'est donc "en allant sur ces racines que nous pourrons trouver des réponses adéquates", a-t-il poursuivi, avant de critiquer l'attitude d'une partie de l'opposition depuis le début des manifestations.

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