Des sénateurs américains accusent le prince saoudien — Affaire Khashoggi

Des sénateurs américains accusent le prince saoudien — Affaire Khashoggi

Selon des enregistrements détenus par les renseignements turcs, Jamal Khashoggi a été torturé, assassiné et son corps découpé en morceaux par une équipe d'agents saoudiens dans les murs du consulat.

Journaliste critique du pouvoir saoudien, Jamal Khashoggi vivait depuis 2017 aux Etats-Unis, où il collaborait pour le Washington Post.

Réunis à huis clos au Capitole autour de Gina Haspel, la cheffe de la CIA, un groupe de sénateurs américains a été informé des conclusions du service de renseignement sur le meurtre de Jamal Khashoggi.

Piliers des sénateurs républicains, Lindsey Graham et Bob Corker ont assuré n'avoir "aucun" doute sur le fait que le prince Mohammed ben Salmane avait bien commandité le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi.

D'après un haut fonctionnaire turc proche de l'enquête cité par l'Associated Press, l'émission de ces mandats d'arrêt reflète les préoccupations de la justice turque qui doute que les principaux organisateurs de ce meurtre, dont Ahmed Al-Assiri et Saoud Al-Qahtani, ne soient jamais inquiétés par le régime saoudien.

Ils ont été démis de leurs fonctions le 20 octobre alors qu'une tempête diplomatique s'abattait sur Riyad après le meurtre de Jamal Khashoggi qui a considérablement terni l'image de la pétromonarchie, notamment celle de Mohammed ben Salmane, surnommé "MBS".

Si MBS nie vigoureusement tout lien avec le meurtre, la presse progouvernementale turque et des responsables sous couvert d'anonymat l'accusent d'être derrière le meurtre.


"Je n'ai aucun doute sur le fait que le prince héritier a ordonné le meurtre et a été maintenu au courant de la situation tout le long, rapporte Bob Corker, sénateur républicain". Lindsey Graham, pourtant un allié du président Trump au Sénat, a confirmé penser que MBS était "complice du meurtre de M. Khashoggi au plus haut niveau possible". Mais depuis le début de l'affaire, une extrême méfiance règne de part et d'autre.

Le président de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a plusieurs fois réclamé l'extradition de ces suspects pour les faire comparaître devant la justice turque, mais sans succès. Riyad insiste en effet pour que tout procès se déroule en Arabie saoudite.

La pression internationale se faisant de plus en plus insistante, le procureur général saoudien avait annoncé l'arrestation de 21 personnes et requis la peine de mort contre cinq d'entre elles relativement à cette affaire considérée par le régime saoudien comme un " abus d'autorité " fomenté dans l'entourage du prince.

Quant à al-Qahtani, il fait partie des 17 responsables saoudiens visés par des sanctions annoncées mi-novembre par le Trésor américain, "pour son rôle dans la préparation et l'exécution de l'opération" contre le journaliste.

Le fait que le bureau du procureur présente les deux suspects saoudiens comme faisant "partie des planificateurs" signifie que "la liste actuelle n'est pas forcément définitive", a ajouté ce responsable qui a requis l'anonymat.

Les enquêteurs turcs ont fouillé le consulat et la résidence du consul saoudien à Istanbul, ainsi que deux villas dans le nord-ouest de la Turquie.

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