"Gilets jaunes" : Édouard Philippe reçoit des leaders politiques pour désamorcer la crise

Rentré dimanche d'Argentine, le président Emmanuel Macron ne s'est pas exprimé après être venu constater les dégâts impressionnants à l'Arc de Triomphe et sur l'avenue Kléber.

Édouard Philippe va annoncer cette mesure d'apaisement, décidée lundi soir à l'Élysée lors d'une réunion de crise présidée par Emmanuel Macron, mardi à partir de 10H30 devant les groupes En marche et Modem à l'Assemblée, a précisé une source gouvernementale à l'AFP.

Mais, en attendant l'annonce des autres mesures, l'opposition et des représentants des "gilets jaunes" ont qualifié ce moratoire d'insuffisant et trop tardif.

"Nous sommes au point d'une première étape, qui aurait pu être atteinte il y a plusieurs semaines sans colère, sans contestation, sans casse et sans violence", a indiqué de son côté Benjamin Cauchy, porte-parole en Haute-Garonne. La maire de Paris, Anne Hidalgo, a été la première personnalité politique reçue par Edouard Philippe, qui a bouleversé son agenda politique pour tenter de trouver une solution à cette crise, la plus grave de l'ère Macron.

"Mieux vaut tard que jamais" mais il faut aussi un coup de pouce au Smic, a réagi Ségolène Royal.

À l'exception d'Europe Écologie-Les Verts et de Génération Écologie, toutes les formations d'opposition avaient plaidé pour un "moratoire " dans la hausse prévue le 1er janvier des taxes sur le carburant, mot d'ordre initial du mouvement des "gilets jaunes " dont la dernière manifestation samedi a donné lieu à de nombreuses scènes de violence et de guérilla urbaine.


Le Premier ministre a renoncé à sa rendre à la COP24 à Katowice (Pologne) pour recevoir les patrons des principaux partis politiques français. Marine Le Pen et la France insoumise ont évoqué une dissolution de l'Assemblée, et le PS a brandi une proposition de loi de "sortie de crise" avec des mesures en faveur du pouvoir d'achat. Ainsi, les représentants du collectif "gilets jaunes libres", dont certains ont reçu des menaces de mort, ont indiqué qu'ils n'iraient pas à Matignon mardi, notamment pour "raisons de sécurité". Mercredi à l'Assemblée et jeudi au Sénat, il mènera un débat, a annoncé Matignon.

Parmi les membres historiques les plus connus des "gilets jaunes", Éric Drouet a appelé à l'intensification du mouvement de contestation lors de nouvelles manifestations samedi prochain, plutôt que de "négocier avec un gouvernement qui perd de toute part".

"Plus le temps passe, plus le prix politique sera élevé" pour l'exécutif, observe Bruno Cautrès, chercheur du CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po).

Une nouveauté lundi: plus d'une centaine de lycées étaient bloqués, partiellement ou totalement, par un mouvement de protestation contre les réformes dans l'Education, qui s'est inscrit parfois en soutien aux "gilets jaunes". Urgence à essayer de sortir de la crise des "gilets jaunes ", deux jours après l'éruption de violences à Paris, mais aussi ailleurs dans le pays, alors que des blocages se poursuivent un peu partout.

"Mais pour cela il faut accélérer la baisse de la dépense publique", a déclaré lundi le ministre de l'Économie Bruno Le Maire, qui a ajouté que les deux premières semaines d'action des gilets jaunes avaient déjà eu un impact "sévère et continu" sur l'économie.

Sur le plan judiciaire, au moins 57 personnes ont comparu lundi à Paris. Les violences du weekend à Paris ont donné lieu au chiffre record de 363 gardes-à-vue, dont 32 pour des mineurs, selon un nouveau bilan du parquet de Paris. Ils font partie des 139 suspects majeurs qui ont déjà été déférés au parquet de Paris, après les violences et les dégradations de samedi.

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