G20 : ouverture d'un sommet qui s'annonce tendu

G20 : ouverture d'un sommet qui s'annonce tendu

Les dirigeants du G20 se retrouvent vendredi à Buenos Aires pour un sommet dont Donald Trump dicte de facto l'agenda, qu'il s'agisse du difficile dialogue avec Vladimir Poutine ou de la querelle commerciale avec la Chine.

Le président américain avait pris tout le monde de court jeudi, avant le début de G20, en annulant une rencontre prévue avec Vladimir Poutine.

Mais l'attention médiatique s'est finalement concentrée vendredi sur Mohammed ben Salmane, à l'entame de deux jours de réunion des chefs d'Etats et de gouvernement des vingt premières puissances mondiales en Argentine.

Les deux hommes concentrent les critiques internationales - le Russe pour cause d'escalade militaire contre l'Ukraine - mais aussi de gigantesques réserves pétrolières.

Donald Trump, bousculé chez lui par une enquête toujours plus menaçante sur l'ingérence russe avant l'élection présidentielle de 2016, s'est employé à échauffer les esprits avant même son arrivée.

"Oh, je comprends! Je suis un très bon promoteur, qui vit sa vie tranquillement, et je vois notre pays partir dans la mauvaise direction (pour le dire poliment)", s'est-il agacé sur Twitter depuis Buenos Aires". Le prince héritier saoudien fait son retour sur la scène internationale depuis le tollé suscité par le meurtre du journaliste Jamal Khashokgi, qu'il est soupconné d'avoir commandité.

Dans des formats parfois inédits: il est ainsi prévu que Donald Trump voie les Premiers ministres japonais Shinzo Abe et indien Narendra Modi, une première.

Face aux ambitions croissantes de Pékin en mer de Chine, les trois ont plaidé pour une "zone indo-pacifique libre et ouverte".


Xi Jinping a, lui, promis vendredi devant le G20 de "poursuivre les réformes" pour ouvrir le marché chinois et mieux protéger la propriété intellectuelle. Mais il a aussi demandé à ses homologues de "défendre le système commercial multilatéral".

Signe que l'heure est davantage aux duels qu'aux grandes négociations à 20, dix ans après un tout premier sommet du G20 marqué par l'union sacrée face à la crise financière, ce rendez-vous est plutôt marqué au fer rouge par l'ère du protectionnisme.

Cette fois, le doute plane sur leur capacité à signer un communiqué final.

Dans un brouillon du communiqué final datant de lundi, et vu par l'AFP, aucune critique du " protectionnisme", qui serait intolérable pour les Américains.

Les Européens présents au G20 (France, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Grande-Bretagne, UE) vont tenter de sauver les meubles en obtenant au moins 19 signatures - celle de Donald Trump étant inimaginable - sous un engagement franc de lutte contre le réchauffement climatique.

Il espère constituer un front uni des Européens, en l'absence toutefois d'Angela Merkel qui ne rejoindra le sommet qu'en fin de journée, la faute à une panne sur l'avion gouvernemental allemand.

Le président russe a lui fustigé la "pratique vicieuse du recours aux sanctions unilatérales illégales et aux mesures protectionnistes".

Loin des joutes diplomatiques, des dizaines de milliers de personnes ont protesté dans le calme contre ce sommet, dans un centre-ville verrouillé par une importante présence policière.

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