L'Algérie pourrait être le berceau de l'humanité — Découverte scientifique

L'Algérie pourrait être le berceau de l'humanité — Découverte scientifique

Va-t-il falloir réécrire les livres de biologie?

Des archéologues ont découvert en Algérie des outils en pierre taillée remontant à 2,4 millions d'années, bien plus anciens que ceux trouvés en Afrique de l'Est, considérée jusqu'à présent comme le berceau de l'humanité.

Les galets découverts, utilisés apparemment comme outils, sont en calcaire et en silex taillés.

Ils ont aussi déterré à proximité des dizaines d'ossements animaux fossilisés, présentant ce qui ressemble à des marques d'outils - de véritables outils de boucherie préhistorique.

En plus de ces équipements, l'équipe internationale d'archéologues a pu découvrir sur des fossiles d'ossements d'ancêtres de crocodiles, de girafes, d'éléphants et d'hippopotames, des traces qui seraient des traces d'outils comme s'il s'agissait d'outils de boucherie.

Et si l'Afrique de l'Est perdait son monopole de "berceau de l'humanité"?


À Aïn Hanech, les dates fournissent " une preuve convaincante des outils de pierre et des os taillés marqués vers 2 millions d'années ou plus ", déclare le géochronologue Warren Sharp pour Science.

La découverte annoncée jeudi, sur le site de, rivalise désormais avec cette période.

Selon les chercheurs, cela pourrait signifier que les techniques d'outils sont rapidement sorties d'Afrique de l'Est. Mais il se peut également qu'un " scénario d'origines multiples des anciens hominidés et des technologies lithiques, à la fois en Afrique de l'Est et du Nord ". Auparavant, les plus vieux outils d'Afrique du Nord dataient de 1,8 million d'années, sur un site proche.

Aucun reste humain n'a été découvert: on ignore donc quelle espèce d'hominidés, quel ancien cousin d'Homo Sapiens (apparu lui bien plus tard), utilisait ces outils.

Cette découverte a été effectuée dans le cadre du projet de recherche sur la plus ancienne occupation humaine en Afrique du Nord dirigée par le Pr. Mohamed Sahnouni, des chercheurs du Centre national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques (CNRPAH) (Algérie) et du Centro Nacional de Investigacion Sobre la Evolucion Humana (Espagne) avec la collaboration des chercheurs de Griffith University (Australie), de l'Institut de Paleoecologia Humana et Evolucion Social (Espagne), du Museo Nacional de Ciencias Naturales (Espagne), de l'Université Alger II et l'Université Sétif II et du Musée National d'Histoire Naturelle (France).

La découverte ouvre en outre la perspective de trouver "plus de matériaux archéologiques en Afrique du Nord et dans le Sahara ", écrivent les chercheurs dans leur article, validé scientifiquement par un comité de lecture. Au passage, les chercheurs algériens, à l'instar du professeur Sahnouni, espèrent que cette découverte aura des retombées sur la recherche archéologique en Algérie.

Articles Liés