La Réunion : la ministre exfiltrée d'une rencontre tendue avec des gilets jaunes

La Réunion : la ministre exfiltrée d'une rencontre tendue avec des gilets jaunes

La ministre des Outre-mer Annick Girardin, qui continue d'échanger avec les "gilets jaunes" à La Réunion, a dû être exfiltrée par son service d'ordre lors d'une rencontre vendredi, au lendemain de l'annonce de mesures qui n'ont pas convaincu les manifestants.

Deux hauts fonctionnaires spécialisés dans l'analyse de la concurrence seront dépêchés dans l'île "dès le mois prochain et tout vous sera dit", a précisé Annick Girardin lors d'un discours prononcé à la préfecture et retransmis en direct par tous les médias réunionnais.

Non organisé et sans porte-parole, le mouvement local des "Gilets jaunes" réagira samedi aux annonces d'Annick Girardin en reconduisant, ou pas, les opérations de blocage des routes.

Intervenant avant elle, le président du conseil régional Didier Robert (divers droite) avait proposé une "continuité territoriale" pour les marchandises qui effacerait le coût du transport entre la métropole et La Réunion, revendication fréquemment exprimée par les "Gilets jaunes" et dont le coût est estimé à 350 millions d'euros. S'il n'y a pas eu d'insultes à son encontre, la ministre a dû traverser une foule de manifestants en colère, la huant et criant "Macron démission", avant qu'elle ne soit exfiltrée par son service d'ordre. Les Gilets jaunes considèrent que les mesures avancées mercredi par la ministre ont déjà été présentées dans le plan pauvreté d'Emmanuel Macron et ne sont pas spécifiques à La Réunion. De plus, les mesures qui avaient été suggérées sur l'emploi et les logements n'apportent que peu de nouveauté, à l'exception de la création d'une zone franche globale à 7% de taux d'imposition pour les entreprises.


Les "gilets jaunes " de La Réunion protestent contre la vie chère.

De nombreux barrages ont encore été dressés jeudi sur les principaux axes routiers de l'île, où les produits frais ont quasiment disparu des rayons des grandes surfaces en raison des difficultés d'approvisionnement.

Vendredi, l'université était toujours fermée aux étudiants, mais les écoles de 11 communes sur les 24 de l'île étaient ouvertes, comme les collèges et lycées.

Les revendications des "gilets jaunes" réunionnais vont de la suppression des charges sociales à une meilleure prise en compte "des besoins des Réunionnais", en passant par l'abrogation de l'octroi de mer.

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