La justice américaine suspend l'oléoduc Keystone XL, revers pour Trump — Pétrole

La justice américaine suspend l'oléoduc Keystone XL, revers pour Trump — Pétrole

Mais le 8 novembre, le juge fédéral du Montana Brian Morris a suspendu de façon temporaire la construction de l'oléoduc Keystone XL et demandé à "l'administration Trump de conduire une étude plus poussée des conséquences potentiellement néfastes du pipeline sur le changement climatique, l'environnement et les espèces animales menacées".

Le président Trump a commenté la décision de ce matin, les journalistes à l'extérieur de la Maison-Blanche, appelant du juge "décision politique" une "disgrâce", et a noté qu'il serait susceptible d'aller à la neuvième circuit "comme d'habitude". Il est fermement combattu par les communautés autochtones des territoires qu'il traverse, inquiètes des dégâts environnementaux qu'il pourrait causer.

C'est d'ailleurs en se basant sur une analyse du département d'État américain, qui ne jugeait pas le projet "d'intérêt national pour les États-Unis" au regard des risques afférents, que Barack Obama avait décidé de bloquer la construction de Keystone XL en 2015.

Dans un document de 54 pages, le juge Morris explique que l'analyse du gouvernement n'étudie pas en profondeur les effets cumulatifs des émissions de gaz à effet de serre, les effets des prix actuels du pétrole sur la viabilité de l'oléoduc ou la modélisation actualisée des déversements potentiels de pétrole.

A Wall Street, l'action de TransCanada a cédé vendredi 1,87%, à 38,92 dollars.


Mais elle s'apparente à une victoire majeure pour les défenseurs de l'environnement et les communautés amérindiennes, et à un revers de taille pour le président américain, qui avait autorisé dès mars 2017 la construction du pipeline reliant le Canada au Texas, concrétisant ainsi une promesse phare de campagne.

Donald Trump avait justifié le contournement du blocage décrété par son prédécesseur au nom de la lutte contre le réchauffement climatique par la volonté de créer des emplois et de favoriser le développement des infrastructures.

Un jugement applaudi par les organisations de défense de l'environnement et en particulier par le Sierra Club, qui estime que cette décision "montre de façon claire et définitive que l'entreprise Transcanada doit renoncer à son rêve illusoire de construire l'oléoduc Keystone XL".

Le projet, qui s'étendrait sur 1897 kilomètres, transporterait jusqu'à 830 000 barils de pétrole brut par jour de l'Alberta et du Montana jusqu'à des installations situées dans le Nebraska.

Pour Greenpeace, la décision envoie "un sérieux avertissement" au gouvernement canadien de Justin Trudeau, forcé par les tribunaux à consulter de nouveau les populations autochtones sur un autre projet visant à tripler la capacité de d'oléoduc Trans Mountain entre l'Alberta et le port de Vancouver.

Articles Liés