" Pétain a été un grand soldat pendant la Première guerre mondiale " — Macron

Peut-on commémorer le maréchal Pétain? (.) Le maréchal Pétain, quand il a dirigé la France pendant la Seconde Guerre mondiale, a été complice de crimes profonds qui ont été reconnus, et la responsabilité de l'État français a été reconnue.

Une cérémonie organisée par l'état-major des armées et le gouverneur militaire de Paris, rapportait alors Mediapart.

Les premiers exigeaient qu'il repose à l'ossuaire de Douaumont (est), au milieu des milliers de soldats tombés à Verdun, l'une des batailles emblématiques de la Grande Guerre.


Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) s'est dit "choqué" de ces propos. Mais ce pas de deux n'a pas suffi.

Nous avons reformulé votre question, qui était à l'origine: "Est-ce que d'autres présidents avant Emmanuel Macron avaient célébré la mémoire de Pétain?" Cinq d'entre eux sont inhumés aux Invalides - Foch, Lyautey, Maunoury, Fayolle et Franchet d'Esperey - et seront les seuls à être nommément cités, selon l'état-major. "Je l'ai dit, j'ai été très clair sur ce point", a-t-il aussi précisé. Général (mais pas encore maréchal), il prône ces années-là une tactique défensive et s'oppose aux chefs plus belliqueux. "Mais je reconnais aussi la part que les maréchaux ont jouée dans la victoire française", a-t-il avancé sans parvenir à désamorcer la polémique immédiatement lancée. "Cela me semble plus que discutable", nuance de son côté l'historien Nicolas Offenstadt. Valéry Giscard d'Estaing l'avait également fait en 1978, pour le soixantième anniversaire de l'armistice.

Lors de la quatrième journée de son "itinérance mémorielle", Emmanuel Macron qui est à Charleville-Mézières, s'est exprimé sur le sujet. Certains en ont déduit que Pétain en faisait partie. Célébrer sa mémoire - à travers l'hommage collectif aux chefs de la Grande Guerre - a donc immanquablement ravivé la polémique. Le programme des cérémonies du Centenaire contenait initialement "un hommage aux maréchaux de la Grande guerre" le dimanche 11 novembre, à 9 heures, à l'hôtel national des Invalides. "Surprise " aussi par cet événement, Bénédicte Vergez-Chaignon, auteur d'une biographie de référence sur le chef de Vichy (éditions Perrin), tente de philosopher: "Maintenant que c'est lancé, il serait absurde de tous les commémorer..." Bien au contraire. Plusieurs heures après ses premiers propos, le président de la République est revenu vers les journalistes pour préciser à nouveau ses propos sur Pétain: "Je ne pardonne en rien, mais je ne gomme rien de notre histoire [.] Il y a eu des hauts faits de guerre, puis il y a eu des forfaitures". "Alors ne craignons pas de l'explorer et faisons-en un moment d'information", estime l'historienne.

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