Asia Bibi empêchée de quitter le Pakistan

Asia Bibi empêchée de quitter le Pakistan

" Le gouvernement n'aurait jamais dû passer un tel accord ", a déploré samedi Ashiq Masih, le mari d'Asia Bibi interrogé par la radio allemande Deutsche Welle, qui y voit une tentative de " faire pression sur la justice ".

Les manifestants islamistes qui paralysaient le Pakistan depuis trois jours pour protester contre l'acquittement de la chrétienne Asia Bibi ont annoncé vendredi soir la levée du blocus après un accord avec le gouvernement. Le texte en cinq points prévoit notamment que le gouvernement ne s'oppose pas au dépôt d'une requête en révision du jugement de la Cour suprême et qu'il lancera une procédure visant à interdire à Asia Bibi de quitter le territoire.

" Nous allons nous battre et exploiter tous les recours légaux pour nous assurer qu'elle soit pendue, conformément à la loi ", a-t-il ajouté. Face à cet accord, l'avocat d'Asia Bibi estime ainsi que sa cliente "est toujours en prison", celle-ci ne pouvant pas quitter le pays avant l'examen de la requête.

Au début des manifestations des islamistes, le Premier ministre pakistanais, Imran Khan, avait adopté un ton ferme contre les islamistes, prévenant que l'État ne "tolérerait pas le sabotage" et "prendrait ses responsabilités" si nécessaire.


"Dans le scénario actuel, il ne m'est pas possible de vivre au Pakistan", a déclaré l'avocat à l'AFP. "J'ai besoin de rester en vie car je dois poursuivre la bataille judiciaire pour Asia Bibi ", a expliqué le sexagénaire, qui ne s'est vu accorder aucune protection rapprochée après le verdict en faveur de sa cliente. "Ils ne peuvent même pas [faire] appliquer un jugement de la plus haute cour du pays". Pendant trois jours, ils ont bloqué les principaux axes routiers du pays.

Plusieurs groupes religieux avaient appelé à des manifestations vendredi après la prière et les rues apparaissaient désertées dans la plupart des grandes villes.

Les barrages avaient été levés samedi et la vie avait repris un cours normal dans les grandes villes de Karachi, Lahore et Islamabad, a constaté l'AFP.

De nombreux observateurs comparaient l'épisode à un précédent bras-de-fer sur le blasphème en novembre 2017 entre le même parti islamiste, le TLP, et le gouvernement précédent, qui s'était soldé par la démission forcée d'un ministre. Très critiqué, le gouvernement est accusé d'avoir capitulé face aux radicaux.

Articles Liés