Washington veut mettre fin au conflit yéménite — Proche-Orient

Washington veut mettre fin au conflit yéménite — Proche-Orient

La ministre des Armées Florence Parly s'est exprimée sur les ventes d'armes à l'Arabie Saoudite, au micro de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV, ce mardi.

L'Arabie saoudite dirige une coalition militaire arabe qui intervient dans le conflit yéménite depuis 2015, afin de soutenir le gouvernement légitime du président Abdrabbo Mansour Hadi, poussé à l'exil par les houthis.

La ministre a effectué une tournée des médias pour démentir la dépendance de la France vis-à-vis de l'Arabie saoudite. Quitte à s'appuyer sur des contre-vérités.

Après l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi à l'ambassade saoudienne en Turquie, le Mouvement de la Paix - qui demande que la France agisse pour la limitation et le contrôle strict du transfert des armements en vue de son interdiction complète - réitère sa demande que la France cesse immédiatement toute vente et livraison d'armes à l'Arabie saoudite. Une modestie toute relative, donc. "Ce que je peux vous dire, c'est qu'à ma connaissance, les armes qui ont été vendues récemment ne sont pas utilisées contre les populations civiles", a-t-elle dit, attribuant à la France un rôle de un "fournisseur relativement modeste" d'armes à l'Arabie saoudite. "Certes, admettait-elle devant les députés, " ce sont les civils qui paient le plus lourd tribut " de la guerre au Yémen et " le gouvernement en est pleinement conscient". "Nous avons vendu il y a longtemps des armes à l'Arabie saoudite et aux Émirats Arabes Unis". La France a aussi fourni une assistance technique sur les Mirages 2000-9 émiriens utilisés dans le cadre du conflit.


Dans un rapport publié en août dernier, un groupe d'experts de l'ONU a conclu que toutes les parties avaient potentiellement commis des "crimes de guerre" au Yémen, mais que les frappes aériennes de la coalition menée par Ryad avaient causé "le plus de victimes civiles directes".

La guerre, qui a fait quelque 10.000 morts et engendré la pire crise humanitaire actuelle dans le monde selon l'ONU, oppose des forces pro-gouvernementales aux rebelles soutenus par l'Iran, qui se sont emparés en 2014 et 2015 de vastes régions du Yémen dont Sanaa, la capitale.

Selon Amnesty International, " la France a vraisemblablement continué à livrer des munitions et à assurer la maintenance de matériels bien qu'ils soient engagés au Yémen, à l'exemple de chars Leclerc. En revanche, le changement de ton de Washington sur la guerre au Yémen fait écho aux propos de la ministre française des Armées Florence Parly, qui a estimé mardi qu'il était "plus que temps" que ce conflit "cesse".

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