Mort du négationniste français Robert Faurisson à l'âge de 89 ans

Mort du négationniste français Robert Faurisson à l'âge de 89 ans

Il soutenait que le génocide des juifs par les nazis était un mensonge destiné à récolter des dommages de guerre et que les déportés sont morts de maladie et de malnutrition.

Depuis 40 ans, il travaillait à nier l'existence de l'Holocauste. Son éditeur Akribeia a également confirmé à l'AFP le décès de l'universitaire plusieurs fois condamné pour ses thèses.

Qualifié de "faussaire de l'histoire" par Robert Badinter et de "menteur professionnel" par l'historienne Valérie Igounet, qui lui a consacré un livre en 2012 (1), Faurisson avait été professeur de lettres à la faculté de Lyon.


Auteur de plusieurs ouvrages négationnistes, devenus des références pour certaines franges extrémistes en France et dans le monde, Robert Faurisson a été vivement critiqué par les historiens et le monde de la recherche, l'accusant de manipuler les sources. Sur Twitter, la Fondation Shoah a réagi au décès de l'octogénaire: " Le négationniste Robert Faurisson est mort mais ses 'thèses' immondes vivent encore. "Le combat pour la vérité historique continue face aux faussaires de l'Histoire ", a-t-elle écrit. Il contestait aussi l'authenticité du Journal de la jeune juive néerlandaise Anne Frank. Celui qui se veut "le maître à penser du négationnisme mondial", commence alors à diffuser ses idées dans les cercles universitaires puis dans les médias. "L'inexistence des "chambres à gaz" est une bonne nouvelle pour la pauvre humanité", écrivait alors Faurisson, dans sa tribune aux accents pseudo-scientifiques et titrée "Le problème des chambres à gaz ou la rumeur d'Auschwitz".

Au début des années 1980, le discours négationniste de Faurisson prend un tournant politique. En 2012, il reçoit du président radical Mahmoud Ahmadinejad le premier prix honorant " le courage, la résistance et la combativité ". Ce dernier suscite la polémique en l'accueillant en décembre 2008 sur la scène du Zénith de Paris pour lui remettre un " prix de l'infréquentabilité et de l'insolence " par une personne déguisée en déporté juif. Dieudonné sera condamné en 2011 en appel à 10.000 euros d'amende pour injures à caractère raciste pour des propos tenus lors du spectacle.

"L'apparition de Faurisson au Zénith coïncide avec le renouveau de l'antisémitisme arabe et un contexte tendu autour d'Israël", explique l'historienne Valérie Igounet, citée par l'AFP.

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