L'UE demande des explications à Rome sur son dérapage budgétaire "sans précédent"

L'UE demande des explications à Rome sur son dérapage budgétaire

Comme les autres pays de la zone euro, l'Italie a envoyé lundi son projet de budget 2019 à l'exécutif européen, chargé maintenant de l'évaluer.

La Commission pourrait demander à Rome une correction de ses déséquilibres dans les prochaines semaines.

Les autorités européennes se sont déjà montrées critiques envers les chiffres italiens, le déficit public devant atteindre l'an prochain 2,4% du produit intérieur brut (PIB), un chiffre bien plus élevé que l'objectif de 0,8% promis par le précédent gouvernement de centre-gauche.

Le déficit structurel augmenterait de 0,8% du PIB alors qu'une recommandation contraignante des ministres des Finances de l'UE de juillet oblige Rome à le réduire de 0,6% du PIB. "Nous n'avons jamais eu un tel écart en matière de déficit structurel, entre ce qui était demandé [à l'Italie] et ce qu'elle a prévu, dans un contexte de dette élevée", a expliqué M. Moscovici, lors d'une conférence de presse commune avec Giovanni Tria, le ministre de l'économie et des finances italien jeudi 18 octobre.


"De plus, avec une dette du gouvernement italien qui se situe à environ 130% du PIB, notre évaluation provisoire indique également que les projets de l'Italie n'assureraient pas la conformité aux critères de référence sur la dette (.) qui exigent une réduction régulière des niveaux d'endettement vers le seuil de 60%", peut-on lire dans la lettre. Ces derniers restent tendus: le taux italien d'emprunt à dix ans flirte avec 3,6 %, son plus haut depuis février 2014. " Si Rome refuse d'amender son projet de budget, [.] Bruxelles pourrait ouvrir une procédure pour déficit excessif, ce qui susceptible d'aboutir à des sanctions".

"[La Commission n'est pas] l'adversaire de l'Italie". "Elle est l'arbitre, l'arbitre n'est pas populaire mais fait respecter les règles du jeu". "Je n'imagine pas l'euro sans l'Italie et l'Italie sans l'euro", a-t-il martelé.

M. Tria a affirmé de son côté que l'Italie espérait "rapprocher (ses) positions avec celles de l'Union européenne".

Le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker et Angela Merkel, jeudi à Bruxelles. Évoquant un échange "normal" entre la Commission et les États membres, il a souligné que l'Italie ne serait pas la seule à recevoir une lettre. Le budget italien est "bien pensé, bien construit et bien réalisé", a affirmé M. Conte, qui a déjà prévenu qu'il n'existait pas pour lui de marge pour le modifier. Le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, a indiqué que son gouvernement se réunirait ce samedi pour évoquer la question budgétaire. "Le dialogue ne nous effraie pas à condition qu'il soit constructif et utile, et sans préjugés".

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