Deuxième fouille au consulat saoudien en Turquie dans l'affaire Khashoggi

Deuxième fouille au consulat saoudien en Turquie dans l'affaire Khashoggi

"Le président de la République l'a dit très clairement, les faits sont très graves", a-t-il ajouté, en référence à l'affaire Khashoggi.

Une équipe d'enquêteurs turcs a fouillé mercredi la résidence du consul d'Arabie saoudite à Istanbul dans le cadre de l'enquête sur la disparition du journaliste Jamal Khashoggi, mais également le consulat, déjà perquisitionné cette semaine, selon des journalistes de l'AFP. Cette relation dégradée avait été renforcée par la désignation du jeune prince Mohammed ben Slamane comme prince héritier en juin 2017, ce qui avait entraîné son exil aux Etats-Unis. Le chef de la diplomatie américaine avait rencontré lors de son voyage le roi Salman d'Arabie saoudite et le prince héritier Mohamed ben Salman. Les 15 Saoudiens ont débarqué à Istanbul pour tuer Khashoggi, ils ont accompli leur besogne et sont repartis aussitôt.

Le site Middle East Eye, se basant sur les mêmes bandes sonores, a affirmé que l'assassinat avait duré sept minutes et que les agents saoudiens avaient commencé à découper le journaliste en morceaux alors qu'il était encore en vie. Et un cinquième homme, un médecin légiste identifié comme Salah al-Tubaigy, a occupé des postes à hautes responsabilités au ministère saoudien de l'Intérieur et dans le secteur médical saoudien, poursuit le journal, soulignant qu'"un personnage de cette stature ne pourrait être dirigé que par une autorité saoudienne de haut rang".

Amnesty International, Human Rights Watch, Reporters Sans Frontières et le Comité de protection des journalistes ont de leur côté appelé la Turquie à demander une enquête de l'ONU sur l'affaire Khashoggi. Pour sa part, Riyad rejette les allégations turques tout en affirmant que le journaliste a quitté le bâtiment. "J'ai dit au président Trump que nous devrions leur donner quelques jours de plus pour finir (leur enquête), afin que nous ayons, nous aussi, une connaissance complète des faits". Le jeudi 18 octobre, le ministre de l'Économie et des Finances a annoncé qu'il ne se rendrait pas au Future Investment Initiative qui doit se tenir à Riyad du 23 au 25 octobre. Les alliés de l'OTAN ne se sont pas opposés au régime saoudien quand il exécutait des centaines de personnes chaque année et réprimait l'opposition politique du royaume. "Faites ça dehors, vous allez m'attirer des problèmes", aurait-il dit.


Le 13 octobre, le président américain Donald Trump faisait monter la pression d'un cran, promettant un "châtiment sévère" à l'Arabie saoudite s'il s'avérait qu'elle était responsable de la disparation du journaliste.

Il avait aussi critiqué l'implication saoudienne dans la guerre au Yémen ainsi que l'embargo imposé au Qatar voisin, accusé par Ryad de soutenir les Frères musulmans et d'entretenir des liens avec l'Iran.

Donald Trump semble s'être rendu à l'évidence. "Oui", a déclaré Trump à la chaîne de télévision CBS, le jeudi 11 octobre.

Face à l'évidence des preuves et au tollé international déclenché par la mort de Jamal Khashoggi, l'Arabie saoudite, qui a jusque-là nié toute implication, préparerait un rapport tentant de minimiser son implication dans la disparition du collaborateur du Washington Post.

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