Une plainte déposée contre la France pour crimes contre l’humanité — CPI

Une plainte déposée contre la France pour crimes contre l’humanité — CPI

La France a mené des essais nucléaires dans les atolls de Mururoa et Fangataufa, d'abord dans l'atmosphère puis en sous-sol, jusqu'en 1996.

La Cour pénale internationale (CPI) est saisie depuis le 2 octobre dernier d'une plainte pour crime contre l'humanité visant "tous les présidents français" depuis le 2 juillet 1966, date du premier essai nucléaire français à Moruroa, a annoncé mardi à New York Oscar Temaru, lors de son intervention devant la quatrième commission de l'ONU en charge des questions politiques spéciales et de la décolonisation. " Demander des comptes à tous les présidents " " C'est avec un grand sentiment de devoir et de détermination que le 2 octobre, nous avons déposé une plainte auprès de la Cour pénale internationale pour crimes contre l'humanité. L'archipel a été réinscrit en 2013 sur la liste des territoires non-autonomes à décoloniser, ouvrant la voie à un référendum d'autodétermination auquel Paris s'oppose. Selon lui, "les essais nucléaires français ne sont que le résultat direct d'une colonisation". "Contrairement au discours français, nous n'avons pas accepté d'accueillir ces essais, ils nous ont été imposés avec la menace directe de l'établissement d'une gouvernance militaire si nous refusions", a expliqué Oscar Temaru.

Le dirigeant indépendantiste précise qu'un "dialogue responsable " avait été recherché depuis 2013 avec "la puissance administrative " sous la supervision des Nations unies mais que la France les avait ignorés. Le député indépendantiste, Moetai Brotherson, dénonce d'ailleurs "le siège vide de la France" à la commission. Le président autonomiste de la Polynésie française, Édouard Fritch, assure de son côté que son pays "ne vit nullement dans une situation coloniale, ni une situation d'oppression".


Les 193 essais nucléaires menés de 1966 à 1996 ont eu des effets sur la santé et l'environnement des populations.

Les conséquences des essais atomiques menés sur les atolls de de Mururoa et Fangataufa, selon Oscar Temaru, appelaient pourtant une réponse prompte et proportionnée: mortalité infantile quatre fois supérieure à la normale, cancers, malformations des nouveaux-nés, maladies graves radio-induites, contamination environnementale des eaux, des végétaux, selon l'Observatoire des armements, le centre français indépendant d'expertise et de documentation, qui étudie les répercussions de l'utilisation d'armes nucléaire. La sénatrice a été chargée de faire des propositions sur l'indemnisation des victimes des essais nucléaires en Polynésie rendra ses propositions avant la fin de l'année. Or cette notion de "risque négligeable" a été supprimée en février 2017 du texte.

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