Louise Mushikiwabo et Michaëlle Jean s'affrontent en Arménie — Francophonie

Louise Mushikiwabo et Michaëlle Jean s'affrontent en Arménie — Francophonie

De son coté, François Legault, le nouveau Premier ministre élu du Québec, attendu à Erevan avec le Premier ministre fédéral Justin Trudeau, a annoncé qu'il ne soutiendrait pas Mme Jean.

Le ministre gabonais des Affaires étrangères Régis Immongault Tatangani, accompagnera le président de la République au sommet des chefs d'Etat et de gouvernement qui éliront le prochain patron de la Francophonie les 11 et 12 octobre, indique la source à Xinhua.

Le Canada délaisse Michaëlle Jean et se ralliera finalement derrière la candidate rwandaise pour le poste de Secrétaire générale de l'Organisation internationale de la francophonie, a appris Le Journal.

M Jean, qui donnait tous les indices de vouloir s'accrocher à son poste jusqu'à ce que le gouvernement Trudeau fasse savoir qu'il comptait se rallier au consensus, a passé l'essentiel de son temps à Paris, tablant sur son bilan pour assurer sa réélection. "Nous voulons que le Sommet soit l'occasion de discuter des priorités des chefs d'État et de gouvernement pour les prochaines années ". La secrétaire générale sortante, bénéficiant du soutien de son pays. La tradition veut que ce choix soit fait par consensus plutôt que par vote formel.

L'équipe de la secrétaire générale sortante a pris bien soin de souligner ces deux aspects.

En raison de l'explosion démographique du continent, 85% des francophones y vivront en 2050, sur un total de 700 millions, contre 274 aujourd'hui, selon l'OIF, et M. Macron répète à l'envi que " l'avenir de la francophonie " se trouve en Afrique.


À ce sujet, Le Devoir rapportait vendredi dernier qu'Ottawa et Paris étaient engagés dans un marchandage pour éviter au premier ministre canadien d'encaisser un revers diplomatique public sur la scène internationale, le Canada ayant offert son appui à la candidature de Michaëlle Jean.

Le gouvernement québécois sortant avait, comme Ottawa, appuyé un second mandat de Michaëlle Jean, après avoir exprimé des réserves à l'égard de la gestion et du train de vie de cette ancienne gouverneure générale du Canada, née en Haïti et ex-journaliste de Radio-Canada. Elle a dénoncé ces "campagnes diffamatoires". Elle a également reçu l'assurance du "soutien collectif" des dirigeants de l'Union africaine (UA).

La candidature rwandaise fait cependant grincer des dents: le Rwanda a remplacé en 2008 le français par l'anglais comme langue obligatoire à l'école puis a rejoint le Commonwealth, pendant anglophone de l'OIF, un an plus tard. C'est d'ailleurs en anglais que Paul Kagame avait annoncé la candidature de sa ministre.

Outre la langue, les détracteurs de la candidature rwandaise jugent qu'elle sacrifie la charte de l'OIF, qui a inscrit " le soutien aux droits de l'Homme " parmi ses missions premières, sur l'autel d'une réconciliation entre Paris et Kigali, qui accuse la France d'avoir joué un rôle dans le génocide rwandais.

Le Rwanda pratique " censure, menaces, arrestations, violences, assassinats " contre les journalistes qui osent dénoncer l'autoritarisme de ses dirigeants, a récemment dénoncé Reporters sans frontières (RSF).

A titre d'exemple, l'Ukraine, qui ne compte que 0,1% de francophones, est par exemple un Etat observateur depuis 2006 tandis que la Bulgarie (3% de francophones) est membre de plein droit depuis 1993. Actuellement, seul un tiers des pays de l'organisation reconnaissent dans leur Constitution le français.

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