En Roumanie, un référendum pour interdire le mariage aux couples gays

En Roumanie, un référendum pour interdire le mariage aux couples gays

Le gouvernement social-démocrate roumain a échoué à pérenniser par référendum l'interdiction du mariage pour les couples de même sexe dans le pays.

Les 19 millions d'électeurs du pays ont toutefois jusqu'à dimanche soir pour approuver un changement de la définition du mariage afin que seuls "un homme et une femme" puissent s'unir et non plus des "époux", comme le stipule actuellement la loi fondamentale. "On devrait laisser à tout le monde le choix de se marier ou non, sans égard pour l'orientation sexuelle", confie à l'AFP Ileana Popescu, une retraitée, après avoir assisté à la messe dominicale à Bucarest. "Il faut dire que ses dernières semaines, la campagne a été virulente, des propos outrageants ont été tenus contre la communauté gay".

" Participer au vote est un droit, un honneur et une bénédiction", a exhorté samedi Daniel, le patriarche de la puissante Église orthodoxe. "Comme le rappelle LCI, la campagne a été marquée par de nombreux propos hostiles aux homosexuels, décrits comme des " voleurs d'enfants", des " pédophiles " ou des " malades mentaux ".


Andrei, jeune entrepreneur, n'a pas eu peur de comparer le référendum à une mascarade. Mais selon le sociologue Gelu Duminica, interviewé par l'AFP, l'implication du PSD dans cette campagne a eu l'effet inverse, éloignant les électeurs des urnes. Sur le fond, cette consultation ne devait rien changer puisque la législation roumaine n'autorise ni le mariage entre personnes de même sexe ni l'union civile.

Les opposants au vote faisant le pari du boycott, la victoire du "oui" à une modification constitutionnelle est assurée, avec un score qui pourrait atteindre 90% des suffrages et une participation de 34%, selon un sondage de l'Institut CURS publié vendredi. La gauche au pouvoir compte sur ce scrutin pour mobiliser la Roumanie rurale et conservatrice, coeur de leur électorat, alors que le parti est en perte de vitesse, accusé de vouloir affaiblir la lutte contre la corruption et de contrôler la justice. Ainsi, ce sont près de 80% d'électeurs qui ont préféré suivre le mot d'ordre des associations LGBT, "reste chez toi et fais l'amour", plutôt que de céder aux discours haineux tendant à assimiler le mariage homosexuel à "l'enfer sur terre", ou encore à un mariage "entre un homme et un animal".

Le référendum a suscité de vives critiques au sein des institutions européennes, qui ont rappelé à Bucarest ses engagements en matière de droits de la personne.

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