Veillée d'armes avant un scrutin incertain — Présidentielle au Brésil

Veillée d'armes avant un scrutin incertain — Présidentielle au Brésil

Crédité jusqu'alors de quelque 32% d'intentions de vote, Jair Bolsonaro progresse de trois points dans un sondage publié jeudi (35%).

Outre une image d'"outsider" cultivée malgré une longue carrière politique, le candidat d'extrême droite a prospéré sur ce fort sentiment anti-PT d'une partie de la population qui juge la formation de gauche responsable de tous les maux du pays, où la crise économique a fait près de 13 millions de chômeurs.

Il a toutefois tenté de voler la vedette à ses adversaires, en accordant depuis sa résidence de Rio de Janeiro un entretien à la chaîne TV Record, au moment même où s'ouvrait le traditionnel débat de fin de campagne sur la chaîne la plus regardée du pays. Hyperconservateur, il affiche sa nostalgie pour la dictature militaire (1964-1985) et défend la peine de mort et le port d'arme. Nombreux sont ceux qui ne croient pas à la promesse de campagne faite par Bolsonaro de respecter les idéaux démocratiques.

Les deux derniers, Ibope et Datafolha, accordaient samedi soir au candidat du Parti social libéral (PSL) 40 ou 41% des intentions de vote.

D'après Datafolha, les deux candidats se trouveraient au coude-à-coude en cas de second tour, prévu le 28 octobre si aucun des candidats n'obtient la majorité au premier tour du scrutin.

La campagne a pris fin officiellement jeudi soir, avec le dernier débat entre les candidats, mais les prétendants à la fonction suprême ont continué d'occuper le terrain samedi, en particulier sur les réseaux sociaux.

Les bureaux de vote ouvrent à 11h00 GMT et fermeront à 20h00 GMT.

Si la présidentielle peut faire basculer le Brésil dans une ère inconnue, les élections des gouverneurs et des assemblées des 27 Etats, des 513 députés de la Chambre basse et des deux tiers des 81 sénateurs également prévues dimanche ne devraient en revanche pas transformer radicalement le paysage politique. Les résultats définitifs sont attendus une ou deux heures plus tard. Un quart des électeurs résident dans des zones moins développées dans le nord-est du pays, bastion historique du PT.


Jair Bolsonaro s'est envolé pendant l'été dans les sondages en surfant sur la colère des Brésiliens contre la corruption de la classe politique et l'insécurité.

Bolsonaro est massivement soutenu par l'électorat évangéliste grâce à son hostilité à la légalisation de l'avortement, du mariage homosexuel ou de la consommation de stupéfiants. "Nous serons là, et une fois que nous y serons, nous gagnerons; et nous battrons Bolsonaro et Haddad".

"Nous avons tout. Ce qu'il nous faut, ce sont des politiciens attachés à leur pays et non aux intérêts d'un parti", a-t-il dit depuis son domicile, où il se remet de plusieurs interventions chirurgicales après avoir été poignardé lors d'un meeting le 6 septembre dernier.

Jair Bolsonaro, dont le programme économique reste encore très flou, a promis de procéder à des privatisations afin de réduire le déficit budgétaire du pays.

Fernando Haddad, qui se décrit comme modéré, souhaite stimuler les investissements publics et abandonner toute privatisation.

Le candidat du PT, Fernando Haddad, 55 ans, principal rival de Bolsonaro, a voté en milieu de matinée à Sao Paulo, ville dont il fut maire, entouré de militants chantant à plein poumon pour couvrir un concert de casseroles.

Bolsonaro place "Dieu au-dessus de tous".

"Nous avons la faculté de vaincre le danger que représente Bolsonaro pour les acquis sociaux, le civisme, la solidarité et le respect mutuel", a-t-il ajouté.

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