Le scénario noir des experts internationaux — Réchauffement du climat

Le scénario noir des experts internationaux — Réchauffement du climat

" Le rapport montre que nous n'avons plus qu'une occasion, des plus minces, pour éviter des dommages impensables au système climatique qui nous fait vivre", a dit Amjad Abdulla, qui représente une quarantaine de nations allant des Maldives aux Bahamas en passant par Singapour éparpillées sur tous les océans.

Que nous apprend ce rapport?

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Lors de la grande conférence COP21 de Paris en 2015, des engagements avaient été pris pour limiter la hausse du réchauffement climatique à moins de 2 degrés au-dessus de la moyenne de l'ère pré-industrielle, seuil considéré comme générateur de perturbations climatiques que l'humanité aura du mal à affronter. "Chaque petit accès de réchauffement supplémentaire compte, d'autant que passer 1,5°C accroît le risque de changements profonds voire irréversibles", abonde Hans-Otto Pörtner, qui a co-présidé la session du Giec la semaine dernière en Corée du Sud, où s'étaient réunis chercheurs et représentants des Etats.

Quand on parle du climat, la question n'est plus de savoir si le réchauffement existe, mais quelle est - et quelle sera - son ampleur.

La liste des bouleversements fait froid dans le dos. Or, au vu du rythme actuel, la hausse de 1,5 °C pourrait être atteinte entre 2030 et 2052. Quelque 6% des insectes, 8% des plantes et 4% des animaux vertébrés perdraient la moitié de leur habitat. À 2°C, ce sera un été par décennie. (Le Télégramme) Ce réchauffement, de l'ordre de 1 °C depuis le début du XX siècle, pourrait dépasser les 3 °C d'ici 2100. A long terme, l'instabilité de la calotte antarctique et/ou la perte de celle du Groenland pourraient être déclenchées vers +1,5/2°C, faisant grimper les mers de plusieurs mètres sur les siècles ou millénaires à venir.

Par ailleurs, une hausse de la température limitée à 1,5 degré limiterait de fait l'acidification de l'océan, liée aux concentrations accrues de CO2.


L'impact sur les espèces sera moindre à 1,5 degré: moins de feux de forêts, moins de perte de territoires, moins d'espèces invasives. La communauté scientifique internationale, par le biais du GIEC, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, a été mandatée pour évaluer la faisabilité de cet objectif de limitation du réchauffement global en dessous de 1,5 °C et en estimer les impacts associés.

Ce sera forcément compliqué.

"Neutralité" implique de ne plus garder que les émissions "résiduelles", pour les secteurs ne pouvant s'en passer (aviation par exemple). Ce surplus de CO2 devra être pompé, ce sont des "émissions négatives".

Les efforts demandés sont considérables. L'industrie devra réduire ses émissions de CO2 de 75-90 % d'ici 2050 par rapport à 2010. Un coût qu'il faut mettre en regard avec le coût, bien plus élevé, de l'inaction, soulignent les scientifiques.

Il n'y a plus une minute à perdre. De plus, à 1,5°C, l'Arctique connaîtra un été sans banquise par siècle. Et en 2050, il sera nécessaire d'atteindre une " neutralité carbone ".

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