Climat : le Giec appelle à des transformations "sans précédent"

Climat : le Giec appelle à des transformations

Le cri d'alarme sur le climat vient cette fois-ci du Giec, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, qui publie ce lundi son rapport spécial sur le réchauffement climatique.

Pour le Giec, afin de rester à 1,5°C, les émissions de CO2 devront chuter drastiquement bien avant 2030 (-45% d'ici 2030) et le monde atteindre une "neutralité carbone" en 2050: autrement dit il faudra cesser de mettre dans l'atmosphère plus de CO2 qu'on ne peut en retirer.

Le GIEC insiste sur l'énergie, le charbon, le gaz et le pétrole étant responsables des trois quarts des émissions.

"Nous nous attendions à des négociations difficiles, et nous sommes heureux de voir que les gouvernements ont fait preuve d'une vraie réflexion sur les éléments scientifiques", a réagi en fin de réunion Stephen Cornelius, conseiller principal climat pour le WWF. "Les engagements actuels des pays pour réduire les émissions ne suffiront pas à limiter le réchauffement à 1,5°C, vous ne pouvez pas négocier avec la science", a-t-il ajouté.

Depuis, les scientifiques ne cessent d'alarmer sur le fait que la fenêtre d'action permettant de contenir le réchauffement climatique est en train de se refermer faute de mesures suffisamment fortes et d'action coordonnée, jusqu'au secrétaire de l'Onu Antonio Gutteres qui rappelait il y a peu qu'il ne restait que deux années pour agir.

D'abord, une certitude: quoiqu'il arrive, les émissions de gaz à effet de serre (GES) passées et présentes vont continuer à augmenter la température globale de la Terre et à faire monter le niveau des océans.


Avec 1,5°C de plus d'ici 2100, 4% des animaux vertébrés auront disparu, tout comme 70% des récifs coralliens de la planète. Ce qui est une petite différence sur le papier représente en réalité un risque pour 10 millions de personnes supplémentaires.

A long terme, l'instabilité de la calotte Antarctique et/ou la perte de celle du Groenland pourraient être déclenchées vers +1,5/2°C, faisant grimper les mers de plusieurs mètres sur les siècles ou millénaires à venir. Or, c'est cette acidification qui menace la survie des poissons, algues, etc.; et avec elle les services rendus à l'homme (pêche, pharmacopée, etc.).

Les autres GES (méthane, HFC, carbone suie.) seront à réduire aussi, bien que moins prioritaires que le CO2 car moins persistants. Quant à la possibilité de dépasser le seuil de +1,5, pour faire redescendre le mercure plus tard au cours du siècle, le Giec en souligne les risques - certains irréversibles, comme la perte d'espèces - et les incertitudes sur l'efficacité de l'extraction du CO2 à grande échelle.

Pour les experts, c'est clair: il faut donc tout faire pour limiter la hausse à 1,5 degré.

Selon le rapport, quelque 2.400 milliards de dollars d'investissements annuels seront nécessaires entre 2016 et 2035 pour la transformation des systèmes énergétiques, soit 2,5% du PIB mondial.

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