Réchauffement climatique: Le Giec appelle les Etats à des transformations "sans précédent"

Réchauffement climatique: Le Giec appelle les Etats à des transformations

Les experts climat de l'ONU (Giec) tentaient de boucler samedi la réunion d'approbation du dernier bilan scientifique sur le réchauffement climatique, bloquée par des contestations de l'Arabie saoudite, a-t-on appris auprès de plusieurs participants.

Pour rappel, 2°C représente le seuil en dessous duquel les Etats s'étaient engagés à rester lors de l'accord de Paris il y a trois ans.

" Chaque petit accès de réchauffement supplémentaire compte, d'autant que passer 1,5°C accroît le risque de changements profonds voire irréversibles, comme la perte de certains écosystèmes", explique Hans-Otto Pörtner, co-président de cette session du Giec qui a réuni chercheurs et représentants des États toute la semaine dernière en Corée du sud.

La partie n'était pas gagnée d'avance, car ces conclusions sont une douche froide pour la communauté internationale, qui, avec l'accord de Paris, s'est prononcée pour rester " bien en deçà de 2 °C " et si possible 1,5°, mais dont les engagements pour réduire les émissions de gaz a effet de serre poussent le mercure vers +3 °C. Il en appelle à leur responsabilité pour empêcher une catastrophe climatique qui ferait des centaines de millions de victimes. À 2°C, ce sera un été par décennie.

Les répercussions sur les espèces sera moindre à +1,5 °C: moins de feux de forêts, de perte de territoires, d'espèces invasives. À 1,5°C, l'Arctique connaîtra un été sans banquise par siècle. Elle prévient: "Si nous n'agissons pas maintenant, nous allons vers un monde en permanence en gestion de crises", dit-elle.


1,5 limiterait l'acidification de l'océan (liée aux concentrations accrues de CO2), qui menace la survie d'espèces, poissons, algues etc.et avec elle les services rendus à l'homme (pêche, pharmacopée.). La baisse de productivité du maïs, du riz ou du blé sera plus limitée à +1,5°C qu'à +2, de l'Asie du Sud-Est à l'Amérique latine, estime encore le rapport, qui décrit aussi des risques accrus pour les ressources en eau, la sécurité alimentaire ou la santé.

Tenir les 1,5 degré requerrait que les émissions mondiales nettes de dioxyde de carbone d'origine humaine chutent de 45% environ en 2030 par rapport à 2010, puis tombent à "zéro net" d'ici 2050 (ce qui impliquerait que tout rejet de CO2 devrait alors être compensé par une destruction du CO2 dans l'atmosphère), explique le GIEC. Ce surplus de CO2 devra être pompé (ce sont des " émissions négatives ").

Les énergies renouvelables devraient passer de 20 à 70 % de la production électrique au milieu du siècle, la part du charbon serait réduite à poussière, la demande d'énergie devra baisser, l'efficacité énergétique, croître. Et le monde doit atteindre la "neutralité carbone" en 2050.

Selon le rapport, quelque 2400 milliards de dollars d'investissements annuels seront nécessaires entre 2016 et 2035 pour la transformation des systèmes énergétiques, soit 2,5 % du PIB mondial. Si le coût paraît élevé, les scientifiques soulignent que le prix à payer de l'inaction serait bien plus terrible.

Dans leur rapport, les experts du GIEC observent qu'une augmentation de 1,5°C comporterait déjà des risques pour la nature et pour l'humanité.

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